Nicolas Sarkozy en 1995
Nicolas Sarkozy en 1995 - NICOLAS JOSE/SIPA

Et si c’était « le match de trop » ? « Je me pose cette question », a confié Nicolas Sarkozy dans l’émission « Sept à huit » sur TF1 ce dimanche. Le président des Républicains sort ce lundi « La France pour la vie », dans lequel il dresse le bilan de son quinquennat et égrène des propositions socio-économiques. Avec ce livre, Nicolas Sarkozy amorce une nouvelle étape de son retour. Ce n’est pas la première fois que Nicolas Sarkozy refait surface après un échec politique. Petit florilège.

1995-1997 : La traversée du désert

1994, la droite se déchire. Nicolas Sarkozy soutient Edouard Balladur pour la présidentielle, largement en tête dans les sondages. Le jeune homme politique est pourtant considéré comme proche du maire de Paris, Jacques Chirac, également candidat à droite. « Cette première défection ne me laisse pas indifférent », écrira l’ancien président dans ses Mémoires. Ce revirement est vécu comme une « trahison » par les chiraquiens.

Après la défaite de son candidat, Nicolas Sarkozy entame une traversée du désert politique. Il n’est pas nommé au gouvernement et se retire dans son fief des Hauts-de-Seine. Son retour en grâce s’amorce avec la dissolution de l’Assemblée Nationale en 1997 et la victoire de la gauche. L’ancien paria devient secrétaire général du RPR derrière Philippe Séguin.

1999: La démission de la présidence du RPR

Alain Madelinet Nicolas Sarkozy, têtes de liste RPR-DL à Marseille, au dernier jour de la campagne des élections européennes du 13 juin 1999. - BORIS HORVAT/AFP

Nouveau coup dur avec la défaite aux élections européennes de 1999. La liste RPR-DL, menée par Nicolas Sarkozy et Alain Madelin, n’obtient que 12.82 % des suffrages derrière la gauche… et la liste souverainiste Pasqua-de Villiers. La défaite l’éloigne à nouveau du pouvoir au niveau national.

Le président par intérim du RPR annonce sa démission et indique vouloir se consacrer davantage à ses mandats locaux et sa carrière d’avocat. En 2001, il publie un ouvrage sur son parcours personnel et politique, « Libre ». L’année suivante sera celle du « come-back ». Cette fois, il soutient Jacques Chirac à la présidentielle et est réélu député de Neuilly-sur-Seine avec 68.78 %, meilleur score à droite. Nicolas Sarkozy impose alors son style au ministère de l’Intérieur dans le gouvernement Raffarin.

2012-2014 : « Deux années de (presque) calme »

Sarkozy au soir de sa défaite le 6 mai 2012.

« 6 mai 2012-19 septembre 2014, un peu plus de deux années de (presque) calme », écrit-il dans son ouvrage. Après la défaite à la présidentielle, Nicolas Sarkozy se met en dehors du jeu politique. Du moins, officiellement. Car l’ancien chef de l’Etat ne cesse d’envoyer des « cartes postales » pour se rappeler au bon souvenir de l’opinion. Des « minauderies » qui agacent d’ailleurs ses adversaires politiques.

Ses partisans préparent eux le terrain, même si les sondages indiquent qu’une large majorité ne souhaite pas le retour de l’ancien président. Même chez les sarkozystes, le soutien est conditionné. « Qu’il recommence ses conneries là [l’ouverture], et je fais campagne contre lui », s’agace Nadine Morano en août 2014. Un mois plus tard, Nicolas Sarkozy annonce officiellement son retour. « La France, pour moi, c’est comme une seconde nature ». En novembre 2014, il réussit la première étape de son pari, en prenant la tête de l’UMP au premier tour, avec 64.5 % des voix.

Mots-clés :