L'actrice américaine Pamela Anderson quitte l'Assemblée nationale, le 19 janvier 2016
L'actrice américaine Pamela Anderson quitte l'Assemblée nationale, le 19 janvier 2016 - ALAIN JOCARD AFP

L’Assemblée nationale avait des allures de Croisette, ce mardi soir. «C’est fou, fou, fou ! », indique-t-on d’emblée au bureau des accréditations. «La demande de badges a explosé pour un mardi ». Salle des Quatre colonnes, des dizaines de journalistes patientent.

Les caméras sont allumées, les appareils photo l’attendent pour crépiter. Qui ? La star de la journée : Pamela Anderson. L’actrice people est l’invitée de Laurence Abeille, députée écologiste du Val-de-Marne, et de la Fondation Brigitte Bardot, pour venir défendre une proposition de loi visant à interdire le gavage d’oie et de canard.

«Le degré zéro de la politique»

Soudain, alerte à l’Assemblée ! La voilà… On se presse… Ca se bouscule… Fausse alerte. «Ce n’est qu’un député », glisse-t-on dans la foule. De rares parlementaires passent par là. Le député socialiste Razzy Hammadi lève les yeux au ciel. Un peu plus tôt, certains parlementaires s’agaçaient même de la venue de la star, reconvertie dans la défense des animaux.

«Je pense qu’on atteint le degré zéro de la politique. Si on voulait chercher le comble de la médiocrité, je pense que là, on l’a atteint. Je trouve cela lamentable et indigne », a réagi le patron du groupe LR, Christian Jacob. «Ca me gave, et ça me gonfle. C’est de la politique spectacle, ça ne sert à rien. Je crois que ça déshonore le Parlement », a renchéri Hugues Fourage, député PS de Vendée.

La démarche de Laurence Abeille a fait une quasi-unanimité contre elle alors que le secteur est touché par la grippe aviaire. Mais le coup de com’ est réussi. Les minutes s’égrènent. Devant la porte de la salle de presse, on s’agglutine. L’impatience grandit. «On recule ! On recule ! Si vous ne reculez pas, personne ne rentre ». Le ton monte, il faut jouer des bras. Les huissiers sont obligés de faire appel aux gendarmes pour maîtriser la foule. Certains journalistes parviennent à s’immiscer, d’autres n’ont pas cette chance. 

Pamela Anderson surgit

A  l’intérieur, Laurence Abeille prend la parole. «La question n’est pas celle du foie gras, mais de la méthode utilisée pour le faire », lance la députée. Puis, c’est le moment tant attendu. Un déluge de flashs s'abat.

Pamela Anderson surgit. 

«Je demande aux députés français d'abolir le gavage (...) Le foie gras n'est pas un produit sain et n'a pas sa place dans une société civilisée (...) Ces canards n'ont jamais eu un jour heureux », déclare en anglais l'Américano-Canadienne de 48 ans. Cinq petites minutes, et puis s’en va. Aucune question. Les journalistes sortent de la salle. Avec cette étrange impression de s’être fait berner. 

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