Christiane Taubira à Matignon, le 6 janvier 2015. AFP / MARTIN BUREAU
Christiane Taubira à Matignon, le 6 janvier 2015. AFP / MARTIN BUREAU - AFP

Christiane Taubira est à nouveau clouée au pilori par la droite. L'opposition a appelé vendredi à a démission après les dernières déclarations de Christiane Taubira, qui a réaffirmé son hostilité à la réforme de la déchéance de la nationalité qu'elle est censée défendre devant le Parlement.

Christane Taubira a rappelé jeudi sur iTÉLÉ sa conviction que «la déchéance de nationalité [n'était] pas souhaitable» pour les Français binationaux, critiquant une mesure à l'efficacité «absolument dérisoire». Elle avait déjà annoncé le 22 décembre le retrait de ce volet de la réforme constitutionnelle très contesté à gauche, avant d'être contredite le lendemain en Conseil des ministres par François Hollande.

«C'est une situation intenable. Vous ne pouvez pas avoir un gouvernement qui présente un texte aussi fondamental qu'un changement de la Constitution (...) et avoir le ministre Garde des Sceaux qui doit défendre ce texte et qui affiche publiquement son opposition au texte. Imaginez le débat», a commenté François Bayrou sur RTL.

«On est dans une crise politique, une crise gouvernementale et cette crise gouvernementale, elle doit se trancher soit par le fait que Mme Taubira retire ses propos, ce que je n'imagine pas qu'elle pourrait faire, soit qu'elle quitte le gouvernement», a poursuivi le président du MoDem.

«Elle devrait avoir à coeur de respecter ses convictions»

«Là, il y a un vrai problème. Elle ne peut pas en même temps dire «Je suis contre la mesure» et venir dans quelques semaines à l'Assemblée nationale demander aux parlementaires de l'adopter», a renchéri sur iTÉLÉ le président de l'UDI, Jean-Christophe Lagarde.

«Je comprends qu'elle veuille s'accrocher à son poste de ministre mais si elle considère que c'est un sujet important et qu'elle est en désaccord avec le président de la République, j'imagine qu'elle devrait avoir à coeur de respecter ses convictions et de quitter le gouvernement. Ou alors le président de la République, s'il constate que son Garde des Sceaux est en désaccord avec le texte qu'il lui demande de porter, eh bien c'est à lui d'en changer», a ajouté Jean-Christophe Lagarde.

Le FN au diapason

De son côté, le député (Les Républicains) Thierry Solère a estimé sur Sud Radio et Public Sénat que «dans ce contexte terroriste, qui nécessiterait de la fermeté, de la rigueur, on a une Garde des Sceaux qui de toute évidence n'est pas solidaire avec son Premier ministre et son gouvernement. C'est à elle d'en tirer les conclusions; si elle ne les tire pas elle-même je pense que le président de la République les tirera».

«Voir que même son ministre de la Justice, Garde des Sceaux, qualifie la politique menée par le président de la République de dérisoire en terme d'efficacité, ça en dit long sur le fait que même jusqu'au sommet de l'Etat, personne ne croit à ce que le président de la République et le gouvernement mettent en oeuvre», a ironisé Thierry Solère.

Le président de Debout la France et député de l'Essonne, Nicolas Dupont-Aignan, a déclaré vendredi matin par communiqué que «tout ministre qui est ainsi autant en désaccord avec la politique gouvernementale ne peut en tirer qu'une conclusion, celle de démissionner immédiatement».

Florian Philippot a aussi fait la même demande sur Twitter.

 

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