Nathalie Kosciusko-Morizet (NKM), candidate UMP à la Mairie de Paris, le 8 octobre 2013.
Nathalie Kosciusko-Morizet (NKM), candidate UMP à la Mairie de Paris, le 8 octobre 2013. - A. GELEBART / 20 MINUTES

Les critiques ne cessent de se faire entendre à gauche comme à droite. Nathalie Kosciusko-Morizet (Les Républicains) a demandé mardi à François Hollande de « réviser » sa position sur la déchéance de nationalité pour les binationaux, qui « crée de la division », en lui préférant « la peine d’indignité nationale », qui peut « s’appliquer à tous » et « sera créatice d’unité ».

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« La France se divise sur la déchéance de nationalité (…) Les Français veulent l’unité nationale. Or elle se fracture. C’est un grand péril », affirme la chef de l’opposition à Paris, sur son blog.

La machine à diviser est lancée

La députée « trouve personnellement assez cohérente la déchéance de nationalité pour tous ceux, Français de naissance ou pas, binationaux ou pas, qui auraient commis des actes terroristes (…) Mais cela vaut de la même manière, exactement de la même manière, qu’on soit binational ou pas. Et c’est là que vient se nicher le mal », remarque-t-elle.

« Comme il semble que les traités internationaux nous interdisent de créer des apatrides, si on en reste là, on ne pourrait condamner que les binationaux. Tous ceux qui voient dans la binationalité un problème, voire le début de la trahison, s’engouffrent dans la brèche. Et déjà proposent de nouveaux motifs pour déchoir les binationaux de leur nationalité Française. La machine à diviser est lancée. Sur cette pente-là, on ne sait pas où on s’arrête, ni d’ailleurs si on pourra s’arrêter », met-elle en garde.

« La peine d’indignité nationale sera créatrice d’Unité »

NKM fait allusion, sans le nommer, à Florian Philippot, numéro deux du Front national, favorable à un élargissement de la déchéance de nationalité pour crimes « graves ».

« Monsieur le Président, il est encore temps ! L’intérêt supérieur de la Nation commande que vous révisiez votre position. Il n’y a pas de honte à cela. Chacun comprendra, que dans l’urgence et l’émotion, les déclarations aient pu être mal calibrées », lance-t-elle.

« Ne nous divisons pas vainement sur une disposition symbolique, alors que tous nos efforts, toute notre énergie, sont requis pour lutter contre le terrorisme. Ces dispositions n’ont de sens que si elles nous renforcent. Si elle ne s’applique qu’aux binationaux, la déchéance crée de la division. La peine d’indignité nationale, qui peut s’appliquer à tous, sera créatrice d’Unité. Alors préférons-la », conclut-elle.

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