Le Premier ministre Manuel Valls à l'Assemblée nationale le 24 novembre 2015
Le Premier ministre Manuel Valls à l'Assemblée nationale le 24 novembre 2015 - ERIC FEFERBERG AFP

Le Premier ministre français Manuel Valls a réclamé que l’Europe cesse d’accueillir des réfugiés en raison de la menace djihadiste, dans un entretien publié ce mercredi par le grand quotidien allemand Süddeutsche Zeitung, qui y voit un rejet de la politique allemande.

« Nous ne pouvons accueillir encore plus de réfugiés en Europe, ce n’est pas possible », a déclaré Manuel Valls, selon le Süddeutsche Zeitung, l’un des journaux étrangers ayant participé à cet entretien avec le Premier ministre et présenté comme informel par son entourage.

Cette déclaration intervient avant la rencontre mercredi après-midi à Paris entre la chancelière allemande Angela Merkel, fer de lance d’une politique d’accueil généreuse des réfugiés en Europe, et le président français François Hollande pour discuter de coopération dans la lutte contre le terrorisme après les attentats de Paris.

Manuel Valls « s’est gardé de critiquer directement la chancelière », selon le journal en jugeant que « l’Allemagne a pris là une décision honorable » d’ouvrir ses portes aux réfugiés, mais a souligné que « ce n’est pas la France qui a dit : "Venez !" ». Selon le Süddeutsche Zeitung, le message de Manuel Valls est que l’Europe « arrête tout de suite d’accueillir des réfugiés du Proche-Orient ».

L’Allemagne et Angela Merkel visées ?

Le Premier ministre a expliqué sa fermeté sur l’accueil des migrants par des indications des enquêteurs français selon lesquels deux des tueurs du 13 novembre à Paris avaient profité du flux de migrants pour traverser l’Europe et rejoindre la France. Dès lors, selon lui, le contrôle des frontières extérieures européenne va décider du futur de l’UE : « Si nous ne le faisons pas, alors les peuples vont dire : ça suffit l’Europe ! ». Quant au rôle que pourrait jouer l’Allemagne dans la coalition pour frapper le groupe Etat islamique, il a estimé que « les Allemands sont des gens très pragmatiques et un jour ils vont passer de la théorie à la pratique ».

Pour le quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung, pas de doute, c’est l’Allemagne et Angela Merkel qui sont visées dans ces propos. « Critique à la direction (choisie) par la chancelière : le chef du gouvernement Manuel Valls dit que l’Europe ne peut pas accueillir encore plus de réfugiés », constate le journal sur son site internet, alors que l’Allemagne devrait accueillir jusqu’à un million de demandeurs d’asile cette année. « Ses déclarations sont essentiellement à l’opposé de la ligne fixée par la chef du gouvernement allemand qui ne veut pas arrêter le flux de migrants mais mieux l’organiser », dit-il.

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