Des partisans du Front national le 22 mars 2015 à La Valette-du-Var
Des partisans du Front national le 22 mars 2015 à La Valette-du-Var - Boris Horvat AFP

La campagne pour les élections régionales reprend peu à peu après les attentats qui ont ensanglanté Paris le 13 novembre. Les attaques terroristes perpétrées par Daesh n’apparaissent pas, une semaine après les massacres, comme un élément primordial dans les intentions de votes des Français au 1er tour des élections des 6 et 13 décembre.

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Selon une enquête exclusive* de Harris Interactive pour 20 Minutes, moins d’un Français sur deux (43 %) affirmant voter au 1er tour estime que les attentats vont jouer sur leur choix. Et seul un sondé sur quatre estime que cela jouera « beaucoup » (26 %). « Il n’y a pas aujourd’hui, quand on interroge les Français, d’articulation immédiate entre cette situation de tensions et un comportement électoral », souligne Jean-Daniel Lévy, directeur du département « Politique et Opinion » d’Harris Interactive.

Une droite « en étau »

En effet, les enjeux locaux, les projets des candidats et les étiquettes pèsent aujourd’hui le plus dans le choix des Français. Et selon cette enquête, le Front national rassemble 27 % des intentions de vote. Il devance d’un cheveu le Parti socialiste-Parti radical de gauche (26 %), lui-même au coude-à-coude avec Les Républicains-UDI-MoDem (25 %). Arrivent ensuite les listes d’Europe-Ecologie-Les Verts (7 %) le Front de Gauche-Parti communiste (5 %) à égalité avec le parti souverainiste Debout la France.

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« A l’heure actuelle, la situation apparaît favorable au Front national et aux gauches. Le FN obtient le plus fort taux d’intentions de vote dans un sondage pour des régionales. Quant à la gauche, elle est certes éparpillée, mais elle bénéficie d’une certaine mobilisation », souligne Jean-Daniel Lévy. Pour la droite unie au centre, la situation semble inversement plus compliquée. « Celle-ci semble aujourd’hui en étau entre les formations du FN et des gauches », souligne le sondeur.

Enfin, l’hypothèse qu’un conseil régional soit dirigé par une majorité FN est jugée « la moins souhaitable » par les Français. La situation semble paradoxale alors que le FN bénéficie du plus important taux d’intentions de vote au 1er tour. « Il y a une différence entre un jugement politique et un comportement électoral », rappelle Jean-Daniel Lévy. Selon le sondeur, « par rapport à 2010, l’attitude vis-à-vis du FN est plus apathique, marquée par une absence d’émotion. Ce parti est vu comme une fatalité mais il mobilise moins contre lui ».

*Enquête réalisée en ligne du 17 au 19 novembre 2015 selon la méthode des quotas sur un échantillon d’inscrits sur les listes électorales dans les 12 régions de France métropolitaine, issu d’un échantillon de 1.011 personnes représentatives de la population française âgée de 18 ans et plus. 

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