DIPLOMATIE – Le ministre des Affaires étrangères très critiqué par François Hollande lors de son audition à l’Assemblée…
Le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a estimé mardi que la livraison par la France d'un réacteur nucléaire à la Libye n'était encore qu'une «hypothèse»,
en réponse aux critiques, en particulier en Allemagne, sur ce sujet.
«Il y a eu des grincements (en Allemagne) en particulier parce qu'on a évoqué l'hypothèse, qui n'est pas du tout avérée», de la fourniture d'un réacteur à la Libye, lors du voyage du président Nicolas Sarkozy à Tripoli mercredi dernier, a déclaré Bernard Kouchner
à l'issue d'une audition devant la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale.
Un «éventuel réacteur nucléaire»
Il assure que le document signé lors de ce voyage n'était «pas un protocole», mais un simple «mémorandum d'engagement, un cadre éventuel» pour un «éventuel réacteur nucléaire».
«Je vous rappelle que c'est pour désaliniser l'eau de mer, ce n'est pas pour faire la guerre, et que c'est contrôlé complètement», en particulier par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), «si cela se fait, et il n'est pas sûr que ça se fasse (...) personne n'en sait rien», a-t-il continué.
«Ce qui se dégage de cette rencontre, c'est le flou»
Le ministre des Affaires étrangères a par ailleurs été sévèrement critiqué par François Hollande, qui a assisté à son audition. Selon lui,
Bernard Kouchner «était apparu comme un acteur qui n'a joué aucun rôle».
«Ce qui se dégage de cette rencontre, c'est le flou», remarque François Hollande, qui a assuré que les socialistes resteront «très vigilants sur la contrepartie à cet accord nucléaire dont nous ne connaissons pas véritablement (le) contenu et (le) prolongement».