«On ne peut pas imaginer la France sans un Etat fort»

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Publié le 12 juillet 2007.

POLITIQUE – Nicolas Sarkozy était à Epinal jeudi pour évoquer une éventuelle réforme des institutions…

Nicolas Sarkozy dans les traces du général de Gaulle. Plus de soixante ans après le discours du fondateur de la Ve République, le nouveau président était jeudi à Epinal pour évoquer une éventuelle réforme des constitutions. Si Nicolas Sarkozy a lancé beaucoup de pistes de réflexion, en forme de questions, il a en revanche apporté très peu de réponses en plus des pistes déjà annoncées. Un grand écart qu’il assume. «Je veux ouvrir le débat, pas le refermer», déclare-t-il ainsi.

Pistes de réflexions

Sans surprise, Nicolas Sarkozy a confirmé la création d’un comité chargé, sous la présidence d’Edouard Balladur, de réfléchir à une réforme des institutions et de lui faire ses propositions «d’ici le 1er novembre». Il examinera notamment la question de la limitation du nombre de mandats présidentiels. «Faut-il les limiter à deux mandats successifs ou faut-il laisser les électeurs décider?» a demandé Nicolas Sarkozy.
Ce comité sera composé de 12 à 15 juristes issus de différents courants idéologiques. «Je souhaite que les personnalités soient choisies sur le seul critère de leur compétence», a-t-il prévenu. Jack Lang, qui réserve pourtant sa réponse, et Pierre Mazeaud, ex-président du conseil constitutionnel (février 1998-mars 2007) y ont leur place réservée.

Ce comité aura «une mission de responsabilité», selon Nicolas Sarkozy, un mot qu’il aime à appliquer à lui-même et à la fonction présidentielle. «Je vais dire un gros mot, je souhaite que le président gouverne, a-t-il réaffirmé. Mais je souhaite aussi qu’il rende davantage de comptes.» Nicolas Sarkozy préconise donc une confrontation du président devant le Parlement une fois par an. Autre nouveauté : la Cour des comptes devra «contrôler le budget de la présidence de la République», ce qui «n'a jamais été fait».

Sur la dose de proportionnelle, il est plus expéditif. «Je suis pour le scrutin majoritaire qui permet de dégager des majorités stables pour gouverner. Mais au nom de quoi peut-on refuser de discuter de l'introduction d'une dose de proportionnelle dans l'une de nos assemblées, qui permettrait d'améliorer la représentativité du Parlement sans remettre en cause le fait majoritaire?», a-t-il lancé.

Autres points de discussions, les articles 16 et 49-3 de la Constitution. Réservé quant à leur suppression, Nicolas Sarkozy s’est dit prêt à envisager, pour l’article sur les pleins pouvoirs, une «nouvelle rédaction pour l’adapter à notre temps». Le second est plus complexe: en le supprimant, le président craint une modification trop profonde «des équilibres des institutions», tout en reconnaissant que son utilisation entraîne toujours un débat. «Je vous propose d’aller au bout de ce débat.»

Un discours pour l’Histoire


Nicolas Sarkozy est resté dans la droite ligne du général de Gaulle, à qui il a rendu hommage à plusieurs reprises. Epinal, le lieu n’est pas choisi au hasard, et la prestation de Nicolas Sarkozy avait davantage des allures de discours pour l’Histoire que d’un discours de politique générale.
Il a d’ailleurs passé la première demi-heure à relire l’Histoire de France, de la monarchie à la Révolution en passant par l’Empire et les Républiques successives. «Il y a une singularité française (…) La France n’est pas une tribu, elle est un projet: il a fallu que le Roi la veuille, puis que la République la veuille», a-t-il analysé avant de résumer sa pensée en une formule aux accents kennediens: «Aux Etats-Unis, c’est la nation qui a fait l’Etat, en France, c’est l’Etat qui a fait la nation.»

«La France une et indivisible, c'est un idéal national», a-t-il ajouté, soulignant que «l'égalité, c'est la clé de voûte de l'unité de la France». «Pour que l'unité soit préservée, il faut qu'il y ait au-dessus de tous les partis, de tous les intérêts, de toutes les tendances, un Etat ayant assez d'autorité pour les dominer (…) On ne peut pas imaginer la France sans un Etat fort», a-t-il insisté.
Sandrine Cochard
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