POLITIQUE - Le socialiste démissionnaire affirme n'avoir pas encore donné sa réponse…
Lang fait patienter Sarkozy. Concernant son éventuelle participation à la commission de réforme des institutions pour laquelle il a été pressenti par le président, le socialiste démissionnaire affirme n'avoir pas encore donné sa réponse, dans une interview à Libération à paraître jeudi.
«Pas du tout sûr d'accepter»
«Ma réflexion n'est pas achevée. Je veux connaître l'ampleur des réformes que le président souhaite réaliser», affirme-t-il, ajoutant: «Je ne suis pas du tout sûr d'accepter».
Il estime que «le tam-tam orchestré autour d'une participation non encore acceptée à une commission transparente est tout simplement surréaliste».
L'ancien ministre socialiste Jack Lang a annoncé mercredi dans une lettre à François Hollande sa démission des instances dirigeantes du PS, expliquant qu'il ne se reconnaît plus dans les «méthodes de direction» du premier secrétaire du parti.
«Je te présente ma démission de Secrétaire national»
«En conséquence, je te présente ma démission de Secrétaire national et je suspends ma participation aux travaux du Bureau national», ajoute le député du Pas-de-Calais.
Le Bureau national, organe dirigeant du PS, a annoncé mardi qu'il suspendrait des instances dirigeantes du parti tout responsable qui participerait «à titre personnel» à une commission mise en place par le gouvernement.
Commission de réformes
Or Nicolas Sarkozy a sollicité dimanche Jack Lang, avec d'autres personnalités, pour siéger dans une commission de réforme des institutions. Ce dernier avait alors réservé sa réponse.
Une démission qui fait du bruit, à un moment où les ténors du parti soialiste s'éloignent de la direction du parti.
La semaine dernière, les Elephants, DSK en tête, décidaient pour la plupart de ne plus assister au bureau national qui a lieu généralement le mardi soir.
«Ce n'est pas une affaire d'Etat»
André Vallini, porte-parole du groupe socialiste à l’Assemblée «regrette la décision de Jack Lang, il anticipe en quelque sorte la décision qui aurait été prise s'il décide de partir à la commission de réflexion sur les institutions sans mandat du Parti socialiste. Je regrette cette crispation, c'est un peu une tempête dans un verre d'eau (...) Ce n'est pas une affaire d'Etat».
Mais la démission de Jacques Lang suscite plutôt l’indifférence de ses camarades: «Le PS, c'est 204 députés, 53 présidents de conseils généraux, 20 présidents de présidents de région, 270.000 adhérents, explique Henri Emmanuelli. Le PS, ce n'est pas la destinée personnelle de telle ou telle personne qui fait parler d'elle depuis très longtemps d'ailleurs. Ca n'affectera en rien la marche et l'avenir du PS, j'en suis désolé pour lui.»
«Je trouve qu'on ne l'a pas bien traité jusque-là»
Jean-Marc Ayrault, président du groupe, botte lui aussi en touche: «On a pris des positions claires et chacun assume ses responsabilités.» Il s'est toutefois déclaré «triste» de la démission de Jack Lang, mettant en garde Nicolas Sarkozy contre toute «intention politique de casser la gauche et le Parti socialiste».
Seul Manuel Valls défend l’ancien ministre: «Dans les instances du Parti socialiste, on a besoin de son talent et de son implication. Je trouve qu'on ne l'a pas bien traité jusque-là».