Réfugiés, radicalisation, Syrie, Sarkozy...: Ce qu'il faut retenir du discours de Manuel Valls en Suède

IMMIGRATION Le Premier Ministre en déplacement à Stockholm a dénoncé l'attitude anti-migrants de la Hongrie et les mensonges de Sarkozy...

O. G.

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Le Premier Ministre Manuel Valls (à gauche) avec son homologue suédois Stefan Lofven (R) à Stockholm lors d'une conférence de presse vendredi 18 septembre 2015.

Le Premier Ministre Manuel Valls (à gauche) avec son homologue suédois Stefan Lofven (R) à Stockholm lors d'une conférence de presse vendredi 18 septembre 2015. — AFP

Il était venu pour défendre la compétitivité française, mais la crise migratoire a rattrapé le Premier Ministre français en visite en Suède. Manuel Valls, lors d’une conférence de presse avec son homologue suédois ce vendredi après-midi s’est exprimé sur la crise migratoire. 20 minutes fait le point sur ses déclarations.

Valls critique à nouveau l’attitude de la Hongrie

Le Premier ministre français a appelé vendredi la Hongrie à traiter « avec humanité » les migrants à ses frontières. « Il est légitime que les pays frontières de l’Union européenne et de l’espace Schengen demandent une aide et un soutien pour protéger l’espace Schengen et les frontières. (…) On ne peut accepter ni les propos, ni les attitudes, ni les barbelés », a déclaré le Premier ministre. « Et encore moins faire le tri en fonction de la religion », a taclé Manuel Valls. « Il est important qu’en Europe des voix s’élèvent pour dire que l’Europe c’est certes un marché unique (et) Schengen, mais que l’Europe ce sont des valeurs. Les valeurs comptent. La solidarité n’est pas à la carte », a martelé Manuel Valls.

Les réunions européennes « déterminantes » la semaine prochaine

Le ton est donné avant la réunion européenne mercredi à Bruxelles sur la gestion des flux migratoires. La veille, les ministres de l’Intérieur des 28 se réuniront pour tenter de surmonter les divisions face à cette crise. Mais après l’échec d’une première réunion d’urgence organisée lundi dernier, les divisions entre les Européens sont toujours profondes, notamment sur la répartition des réfugiés entre pays.

« Les réunions de mardi et mercredi sont tout à fait déterminantes », a prévenu le chef de gouvernement français. « Les pays qui savent, dans leur histoire, qui ont connu ce que sont la dictature, la persécution, avec des personnes de ces pays qui ont dû fuir dans nos pays souvent, la Suède et la France, des pays qui savent ce qu’ils doivent à l’Europe ». « S’il n’y a pas une répartition équitable et solidaire au niveau européen, nous ne pourrons pas faire face à cette crise. (…). Je ne m’avoue pas vaincu, je pense que nous pouvons les convaincre », a-t-il dit.

La lutte contre la radicalisation djihadiste de jeunes en France prendra « une génération »

Dans le cadre de son déplacement en Suède, le Premier ministre participait vendredi matin à une table ronde consacrée à une initiative suédoise en matière de lutte contre la radicalisation, dont il a affiché la volonté de s’inspirer. « Le plus important, c’est comment on mobilise la société. La seule action antiterroriste de nos services ne suffira pas. Et comme c’est en effet un phénomène qui va durer, c’est une question d’une génération », a-t-il insisté. « Il y a selon moi des milliers de jeunes en France qui peuvent tomber dans ce phénomène de radicalisation ». L’initiative suédoise, qui passe par un réseau de quelque 280 personnes (1 par commune en Suède), vise notamment à associer écoles, cultes, collectivités locales, ainsi que les mères de famille.

Les mensonges de Sarkozy

Le Premier ministre en a profité pour égratigner le chef des Républicains. Nicolas Sarkozy « berce l’opinion d’illusions » en affirmant que la Syrie peut être libérée « en quelques mois » de l’organisation Etat islamique, a critiqué vendredi Manuel Valls. « Nicolas Sarkozy nous dit qu’on peut régler le problème de Daesh en quelques semaines, en quelques mois. Laisser penser que le terrorisme de Daesh pourrait être résolu par miracle, en quelques mois, c’est bercer l’opinion d’illusions et surtout ce n’est pas faire preuve de responsabilité. Le combat contre Daesh sera long, difficile, il exige à la fois des solutions diplomatiques et une action militaire. Il faut travailler d’arrache-pied à une transition politique (…) avec une vision commune nécessaire avec les Russes, l’Iran, la Turquie et nos partenaires bien sûr. »