Illustration de la lutte contre les discriminations, et notamment l'homophobie lors de la semaine de la visibilité à Strasbourg.
Illustration de la lutte contre les discriminations, et notamment l'homophobie lors de la semaine de la visibilité à Strasbourg. - G . VARELA / 20 MINUTES

« Vous savez, les horaires ne sont pas compatibles avec une vie de famille. » Voilà le genre de phrases qui participent à la discrimination parfois sournoise et pourtant illégale. Des discriminations qui ternissent le quotidien de bien des Français dans les transports comme dans l’entreprise ou encore dans les écoles privées. Une étude du CNRS prouvait ainsi en 2009 que les contrôles policiers se faisaient davantage en fonction de l’apparence des personnes que de leurs actions.>> A lire : L’interview de Christiane Taubira : « Il y a un certain nombre de préjugés que l’on n’interroge plus »

Encourager les victimes et les témoins à agir

Pourtant, beaucoup de personnes victimes de discriminations ne savent pas comment agir. Qui prévenir ? Comment prouver qu’il s’agit bien d’une situation de discrimination ? C’est pourquoi la Garde des Sceaux lance ce mercredi 9 septembre un site Internet avec pour objectif de mieux informer tous les Français : www.stop-discrimination.gouv.fr.

« Le site vise à définir les discriminations, mais aussi à indiquer ce que la loi met à disposition pour accompagner les victimes », souligne la Garde des Sceaux. Des infographies permettent de connaître toutes les discriminations reconnues en France et les lois qui s’appliquent. Une fois la discrimination identifiée, le site propose les solutions mises en place par la justice pour lutter et se défendre. En clair, une carte interactive permet à l’internaute de localiser les lieux et interlocuteurs (association, magistrat, bureau d’aide aux victimes…) qui faciliteront les démarches. Des victimes, mais aussi des témoins.

Voici la vidéo de présentation

« La victime d’une discrimination n’est jamais coupable »

Pour faire connaître ce nouveau site, la chancellerie accompagnera dans les dix jours cet outil d’une campagne de communication animée par un community manager sur les réseaux sociaux, sous la bannière #Apriori. « La campagne de communication a pour but de rappeler que la victime d’une discrimination n’est jamais coupable et qu’elle ne doit pas rester seule », insiste Christiane Taubira.

Trois spots vidéo, qui seront postés sur les réseaux sociaux, détaillent des situations de discrimination selon l’âge, la situation sociale et l’origine, lors d’un entretien d’embauche ou d’un simple dîner. L’occasion de souligner que des situations qui pourraient paraître banales doivent en réalité être dénoncées. Notamment dans cette vidéo qui dévoile un agent immobilier répliquer à un étudiant qui visite un appartement : « Vous savez, c’est un immeuble calme ici. »

Des ambassadeurs et une boîte à idées

Et les internautes sont appelés à participer activement : une boîte à idées sur le site leur permet de proposer des initiatives pour mieux vaincre les discriminations. « Nous créerons des événements périodiques et verrons comment les internautes, qu’ils soient victimes, témoins ou responsables des discriminations, réagissent », promet la ministre qui espère appeler tous les citoyens à agir pour faire reculer les discriminations en France. Mais également des célébrités, qui prendront le rôle d’ambassadeurs de cette campagne de communication contre les discriminations. Et la ministre d’assurer : « Il y a un certain nombre de préjugés qu’on n’interroge plus. Cette bataille, je veux la gagner. »

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