LEGISLATIVES – L’UMP gagne mais la gauche reprend des sièges et du poil de la bête…
La victoire de l’UMP a sans doute un goût amer pour Nicolas Sarkozy et François Fillon puisque la droite n’obtient que 341 sièges selon Ipsos, soit largement moins qu’en 2002 (360 UMP et 29 UDF, passés pour l’essentiel à la majorité présidentielle sous l’étiquette Nouveau Centre). Investi personnellement dans cette campagne, le chef de l’Etat n’obtient pas le raz-de-marée espéré.
Pire, il perd le numéro 2 de son gouvernement, Alain Juppé, battu à Bordeaux et immédiatement démissionnaire. Un coup dur pour un gouvernement qui entendait donner une grande place à l’Ecologie.
Egalité
Si la droite avait gagné le premier tour (109 élus pour la droite contre un seul pour la gauche), la gauche fait jeu égal avec la majortié présidentielle au deuxième tour: sur les 467 sièges restants, la gauche en remporte 229, la droite 236. Selon CSA, la gauche est même majoritaire en voix au second tour (50,4%).
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Petite satisfaction pour la droite, c'est tout de même la première fois depuis trente ans qu'une majorité sortante est reconduite. Mais plusieurs enquêtes indiquaient que les Français ne souhaitaient pas une majorité trop forte pour la seule UMP.
Le sursaut du PS
Du côté du PS, le résultat pourrait même aviver les regrets nés du résultat de l’élection présidentielle. Les socialistes améliorent leur score de 2002 (149 sièges). La gauche obtiendrait entre 233 sièges selon Ipsos. Dans de nombreuses circonscriptions, des candidats en difficulté ont réalisé des rétablissements spectaculaires: l’électorat de gauche, très démobilisé lors du premier tour, a retrouvé le chemin des urnes. La plupart des ténors de gauche, mal en point entre les deux tours, ont réussi à se refaire en une semaine, comme Arnaud Montebourg, qui bat de justesse l’UMP Arnaud Danjean.
La gauche a aussi bénéficié d'un bon report de voix du MoDem.
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La TVA sociale, «erreur majeure»
Les électeurs ont aussi sanctionné le gouvernement sur la TVA sociale. Selon un sondage Ipsos/Dell pour 20 minutes, aucune des réformes proposées ne recueillent l’assentiment de plus de 50% des sondés. Si 37% des personnes interrogées considèrent que «la suppression des droits de succession» est la mesure prioritaire à mettre en œuvre par le gouvernement (1), seulement 6% des sondés estiment urgente la TVA sociale, une mesure polémique qui a pu peser sur le résultat du vote. L'ex-ministre Renaud Dutreil déclare que le ministre de l'Economie Jean-Louis Borloo allait «devoir s'expliquer» sur le projet de TVA sociale, «une erreur majeure de communication» qui a selon lui fait perdre «beaucoup de voix» à l'UMP.
Le résultat de la droite pourra difficilement être interprété par le gouvernement comme une incitation à mettre en œuvre les réformes promises par Nicolas Sarkozy.
Bipartisme
Le scrutin consacre aussi la prééminence des deux principaux partis. Les communistes n’auraient que 19 sièges selon Ipsos, les Verts 4, le MoDem 3 et Nouveau Centre 20. En l’état, Seuls le PCF et le Nouveau Centre peuvent espérer disposer d’un groupe parlementaire à l’Assemblée, une condition sine qua non pour peser dans les futurs débats.
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(1) Autres priorités des sondés, la réforme des régimes spéciaux de retraite (31%), la mise en place de peines planchers pour les multirécidivistes (30%), et la déduction des intérêts d'emprunts immobiliers de l'impôt sur le revenu (29%).
Pierre Koetschet