Jean-Marie Le Pen et sa fille Marine, le 17 mars 2007 à La Trinité-Sur-Mer, dans le Morbihan
Jean-Marie Le Pen et sa fille Marine, le 17 mars 2007 à La Trinité-Sur-Mer, dans le Morbihan - MARTIN BUREAU AFP

«1er mai pluvieux, 1er mai heureux»... C'est par cette boutade que Marine Le Pen a tenté de dédramatiser le fait qu'elle défile seule le 1er mai en l'honneur de Jeanne d'Arc cette année. Sans son père, Jean-Marie Le Pen, avec qui elle est brouillée. Relancée par une journaliste de BFM TV sur cette «rupture», elle a botté en touche, assurant que «ça n'intéresse personne d'autre que les journalistes».

Les Femen perturbent le dépôt de gerbe

 «Chacun est à sa place», a déclaré Jean-Marie Le Pen en arrivant au traditionnel défile du 1er mai, acclamé par des militants qui ont lancé des «Jean-Marie», «Jean-Marie». De fait les deux fortes têtes du FN se son soigneusement évitées, chacun déposant une gerbe en l'honneur de Jeanne d'Arc de son côté, mettant en scène leur division. Un dépôt de gerbe perturbé pour Marine Le Pen par deux Femen, qui ont été violemment évacuées par le service d'ordre frontiste, qui les a plaquées à terre en leur masquant la bouche pour les empêcher de s'exprimer.

Ce défilé qui existe depuis 28 ans  a pu être l'occasion de rassemblements de taille (10.000 personnes dans les années 1990, 5.000 l'an dernier), mais aussi d'événements dramatiques, comme en 1995, lorsqu'un Marocain de 29 ans, Brahim Bouarram, est mort noyé dans la Seine en marge du défilé.

Un discours musclé

Cette année, Marine Le Pen aurait simplement pu savourer ses bons résultats aux départementales et une conjoncture politique favorable: las, les deux derniers mois ont aussi été le théâtre d'une violente brouille familiale et du développement des enquêtes judiciaires sur les finances du parti.

Jean-Marie Le Pen doit toutefois être présent dans ce défilé mais il ne prendra pas la parole à la tribune, place de l'Opéra, où Marine Le Pen délivrera un discours. Elle sera entourée des 62 conseillers départementaux FN élus fin mars. Les ténors de son parti, dont son encombrant père, seront relégués en deuxième rideau, mais «il n'y a pas de rétrogradation, on n'est pas à la cour princière», a ironisé la dirigeante du parti.

Son discours de vendredi devrait être consacré à «l'actualité dramatique: immigration, islamisme, Europe, économie», assure à l'AFP son bras droit Florian Philippot, qui prévoit déjà une adresse «assez musclée».

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