LEGISLATIVES – Le PS va-t-il réussir à sortir la tête de l’eau…
La campagne pour les élections législatives des 10 et 17 juin commence aujourd’hui lundi. Pour les socialistes, encore sous le coup de la cuisante défaite du 6 mai, spectateurs impuissants d’un nouveau président parti à 100 à l’heure, le scrutin tombe mal.
«L’assurance de perdre»
Bruno Le Roux, expert électoral du PS, veut rester optimiste et
l’assure à ses camarades: «Ne pas se battre pour la victoire, c’est l’assurance de perdre». Problème, aucun socialiste n’a vraiment exprimé l’envie de gagner. Après le second tour, la plupart des éléphants, sonnés, préféraient parler de l’avenir du parti plutôt que des élections législatives à venir.
Une éventuelle victoire, à laquelle personne ne croit, amènerait une cohabitation, que personne ne veut. Autant dire qu’il est difficile de mobiliser les troupes. Plutôt que la cohabitation, le PS défend donc une nouvelle idée: l’équilibre des pouvoirs. «Le pire peut encore être évité si les Français permettent l’émergence d’une force de proposition et de vigilance», expliquait François Hollande
dans le «JDD».
Mais à chaque élection législative qui a suivi un scrutin présidentiel (1981, 1988, 2002), les Français ont à chaque fois confirmé leur vote. Cette année, toute indique qu’il en sera de même. Selon un sondage TNS Sofres Unilog pour «Le Figaro», publié lundi, l'UMP et ses alliés obtiendraient de 365 à 415 sièges, le PS et ses alliés de 137 à 153 sièges et le Modem de 2 à 10 sièges.
Difficulté de plus pour le PS, l’ouverture à gauche du gouvernement plaît aux Français. Selon le même sondage, 78% des sondés l’approuvent (tout comme 66% des sympathisants socialistes).
Dernier écueil pour le PS, et pas le moindre : derrière quel chef partir à la bataille? Ségolène Royal vient de rentrer de ses vacances à Djerba, avec enfants, mais sans François Hollande, décrié à la tête du PS. Symbole, son directeur de cabinet Stéphane Le Foll affronte François Fillon dans la 4e circonscription de la Sarthe. Ce combat «cristallise à lui seul le débat sur la politique qui va être menée», assure le directeur de cabinet de François Hollande. «A moi de montrer que cette politique qu'il veut mener est le contraire de ce qu'il faut pour la France aujourd'hui». Un message difficile à entendre dans cette campagne.
Pierre Koetschet