Eric Besson, un «homme de gauche» dans un gouvernement de droite

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Publié le 15 janvier 2009.

PORTRAIT – Il remplace Brice Hortefeux au ministère de l'immigration et de l'identité nationale...

Inconnu du grand public avant la campagne présidentielle de 2007, Eric Besson y a fait une entrée fracassante dans l’espace public, jusqu’au gouvernement de François Fillon. Ancien secrétaire national du Parti socialiste dont il était député sortant, Eric Besson, 50 ans, il continue maintenant son ascension, à droite.

Secrétaire d'Etat auprès du Premier ministre, chargé de la Prospective et de l'évaluation des politiques publiques, puis de l'économie numérique, il devient le nouveau ministre de l'immigration et de l'identité nationale, en remplacement de Brice Hortefeux.

«Qui connaît Mme Royal?»

Il avait rallié Nicolas Sarkozy au soir du premier tour après avoir claqué avec fracas la porte de son parti. Il avait démissionné en février de l'équipe de campagne de Ségolène Royal, invoquant des «raisons personnelles», puis du PS et avait publié un mois plus tard «Qui connaît Mme Royal?», un pamphlet à succès contre la candidate socialiste. Entre les deux tours, il prend part au meeting de Nicolas Sarkozy pour expliquer - et mettre en scène - son ralliement:


«J'ai sauté une vague de 25 mètres. C'était une émotion paroxystique», admet-il aujourd'hui, reconnaissant 1des instants de doute». Ses détracteurs de gauche disent de lui qu'il est prêt à tout pour arriver, et font leur miel d'une anecdote: recalé à l'ENA, Eric Besson s'était offert une annonce de recherche d'emploi d'une demi-page dans le Monde.

En réponse, le nouveau ministre compte bien appliquer à la lettre la maxime voulant que la vengeance est un plat qui se mange froid. «Je me mords les lèvres pour ne pas rendre les coups tout de suite. En 2012, je ne vais pas me priver».

Orphelin d'un officier de l'armée de l'air, né à Marrakech (Maroc), le 2 avril 1958, Eric Besson est marié à l'écrivain géographe Sylvie Brunel et père de trois enfants. Titulaire d'une licence en droit, et diplômé de l'Institut d'Etudes politiques de Paris et de l'Ecole supérieure de commerce de Montpellier, Besson a un parcours professionnel fourni dans le secteur privé: cadre à l'exportation pour Renault véhicules industriels (1983-1985), rédacteur en chef du magazine Challenges (1985-86), délégué général de la fondation Vivendi et conseil en ressources humaines.

Jospiniste

Il adhère au PS sur le tard en 1993, et devient maire de Donzère (Drôme) 1995. Député jospiniste de la Drôme en 1997 et réélu en 2002, il est alors considéré comme un membre de la garde rapprochée de François Hollande. Il est nommé secrétaire national du PS chargé de l'emploi (2000-2005) puis de l'économie et de la fiscalité.

Réfutant les accusations de «traîtrise», proférées notamment par François Hollande, il a affirmé au lendemain du 1er tour être «un homme de gauche qui va voter pour un homme de droite» qui n'est pas «allé chez Nicolas Sarkozy pour chercher un poste».

Succès électoraux

Il est élu député de la Drôme en 2007, sous l'étiquette UMP. Par la suite, il a crée son club, Les progressistes. Sa réélection au premier tour à aux municipales à Donzère fait monter sa cote au gouvernement: le 18 maris, soit neuf jours après, il voit son portefeuille ministériel s'épaissir du dossier de l'économie numérique. Avant de devenir ce jeudi, ministre à part entière, ce qui ne risque pas d'arranger ses rapports avec ses anciens petits camarades, qui lui en veulent toujours.
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