Une centaine de manifestants anti-Sarkozy se sont rassemblés sur la place de la Bastille peu après 20h00 afin d'exprimer leur déception et leur colère après la victoire du candidat UMP à la présidentielle, a constaté une journaliste de l'AFP.
Une centaine de manifestants anti-Sarkozy se sont rassemblés sur la place de la Bastille peu après 20h00 afin d'exprimer leur déception et leur colère après la victoire du candidat UMP à la présidentielle, a constaté une journaliste de l'AFP. - Jean Ayissi AFP
Mis à jour à 01h56 à Toulouse, 01h28 à Lille.

Sur France 2, François Hollande, a appelé les militants au calme. Car ce dimanche soir, ce n’était pas dans les «quartiers chauds» que l’antisarkozysme s’est le plus violemment manifesté, comme certains l’avaient craint. Mais dans les centres villes de Paris, Toulouse, Nantes, Lyon et Marseille, Dijon, Montpellier...


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A Paris, les quelques centaines de manifestants qui avaient improvisé une marche de protestation dans le quartier de République se sont dispersés, après de brefs échanges de projectiles avec les CRS, vers 01h30.
Dans le quartier de la Bastille,
les CRS avaient chargé la foule et lancé des lacrymogènes sur une centaine de jeunes encapuchonnés qui balançaient bouteilles de bière et cailloux. Les barrière métalliques ont été mises en travers. Les CRS restaient positionnés à l'entrée du boulevard Richard Lenoir et du boulevard Beaumarchais.

Dès 20 heures, quelques dizaines de personnes avaient commencé à bloquer la circulation, mais l’ambiance était bon enfant, à part quelques slogans soixante-huitards type «Police partout justice nulle part», ou «Sarko facho, le peuple aura ta peau !». Un petit groupe avait improvisé un concert sur de petites barricades et tenté auparavant de desceller un poteau indicateur sur l'un de ces deux boulevards, a également constaté une journaliste de l'AFP. Au total, près de 5.000 personnes s'étaient rassemblées sur la place de la Bastille peu avant 22h00 afin d'exprimer leur déception et leur colère après l’élection de Nicolas Sarkozy par 53% des suffrages. Vers 22h35, l'arrivée des canons à eau inquiète les manifestants. A 23h, un bilan relevé par 20 Minutes fait état de trois blessés légers parmi les CRS et un blessé à la tête chez les manifestants.



Echauffourées à Bastille
envoyé par 20Minutes

Peu avant minuit, les casseurs se sont déplacés vers la rue de Lyon et l'avenue Ledru-Rollin, où ils ont commencé à brûler une voiture puis une autre, avant de charger un magasin de décoration. La police était absente à 23h54.
A 0h30, plusieurs équipes de CRS étaient sur place, menant des charges sporadiques jusqu'au parvis de la gare de Lyon. Des barrages policiers avaient été mis en place sur les routes. Plusieurs dizaines de scooters étaient renversés, certains en feu.

A Marseille, les forces de l'ordre dispersent à coups de grenades lacrymogènes quelque deux à trois cents manifestants anti-Sarkozy qui s'étaient rassemblés sur le Vieux-Port. En bas de la Canebière, les policiers ont procédé à plusieurs interpellations de manifestants frappés à coups de matraques. Selon une source policière, deux policiers ont été blessés légèrement et une quinzaine de personnes ont été interpellées. Selon la préfecture, vingt personnes au total ont été interpellées dans la ville.
Peu avant minuit, le calme était revenu mais la circulation restait toujours partiellement interrompue sur le Vieux-Port, à la hauteur de la mairie.

A Montpellier De légers heurts se sont produits entre des forces de police et quelque 150 à 200 manifestants anti-Sarkozy rassemblés devant le siège de l'UMP.

A Bordeaux, près de 2.000 manifestants anti-Sarkozy, selon la police, se sont rassemblés dans le centre de la ville, se livrant à des jets de projectiles sur les forces de l'ordre.

A Dijon, une trentaine de manifestants ont brisé des vitrines de magasins du centre-ville en marge d'une manifestation hostile à l'élection de Nicolas Sarkozy. A 23h30, la police avait interpellé trois personnes et les course-poursuites entre manifestants et forces de l'ordre se poursuivaient. Aucun blessé n'était à signaler, a-t-on appris de source policière.

A Lyon, le millier de manifestants anti-Sarkozy rassemblés dans le centre a fini de se disperser vers 00h30 après s'être opposé aux forces de l'ordre, qui ont interpellé 25 personnes.
Sur des pancartes «président de merde pour un pays de cons», une baston a opposé les militants PS au millier d’UMP qui fêtaient leur victoire au Q-Boat. Il y a eu échange de projectiles et tir de flashball. Le maire PS de Lyon Gérard Collomb a lancé un appel à l'apaisement. «Les Français ont choisi démocratiquement un nouveau Président. Je lance un appel à l’apaisement et au respect de l’issue de cette élection. Je peux comprendre la déception, voire la tristesse de tous ceux qui n’avaient pas voté pour Nicolas Sarkozy, mais une majorité s’est dégagée dans les conditions normales d’une élection. Il y aura d’autres rendez-vous politiques, il y a d’autres raisons d’espérer», a souligné le sénateur maire.
Peu avant 23h, les policiers ont fait usage de gaz lacrymogènes pour tenter de disperser le millier de manifestants, parmi lesquels quelques casseurs, réunis rue de la Barre, près de la place Bellecour (2e), dans le centre de Lyon. Il y a eu plusieurs blessés. A Décines, dans la banlieue lyonnaise, quatre ou cinq véhicules ont été incendiées dans la soirée. Les pompiers, qui intervenaient pour éteindre les incendie ont reçu à plusieurs reprises des projectiles lancés depuis les immeubles.

A Toulouse Les forces de l'ordre ont dispersé une centaine de manifestants, en qualifiant "d'irréductibles" les derniers petits groupes qui continuaient à les harceler à 1h30 du matin. Douze à quinze personnes ont été interpellées dans la soirée suite à des heurts ayant opposé les forces de l'ordre à des manifestants "anti-Sarkozy". Après avoir été 1.300 sur la place du Capitole - 2.500 selon les journalistes -, ils n'étaient plus qu'une centaine a se déplacer dans les rues du centre-ville aux environs de minuit.
Sur la Reynerie, Empalot et Bellefontaine une trentaine d'individus ont mis le feu à une quinzaine de voitures, notamment à côté d'un bureau de vote à Bellefontaine dont le dépouillement était en cours. Un dispositif de 180 policiers a été déployé pour faire face à ces heurts.


A Lille, des incidents se sont soldés par plusieurs dizaines de feux de véhicules et une vingtaine d'interpellations. Selon un bilan à minuit des pompiers, ces derniers sont intervenus environ à 70 reprises à Lille et une cinquantaine de fois à Roubaix, pour des incidents qui n'ont pas fait de blessés graves. Une centaine de voitures ont été incendiées sur l'arrondissement de Lille-Roubaix-Tourcoing, selon les pompiers. Peu après minuit, la direction de la sécurité publique du Nord a avancé de son côté le chiffre de 43 feux de voitures pour tout le département.
Sur la Grand Place, entre 200 et 300 jeunes avaient exprimé leur mécontentement. Après avoir brûlé un drapeau français, ils ont incité les restaurateurs à remballer leurs terrasses.
A Strasbourg, plusieurs dizaines de personnes ont défilé dans le calme aux cris de «Sarko Facho».

A Nantes, des incidents sporadiques se poursuivaient en milieu de nuit, les manifestants faisant face à la police autour de la préfecture, dans le centre-ville, où du matériel urbain et des véhicules ont été endommagés. Les incidents ont débuté en début de soirée lorsque 700 personnes, principalement des militants d'extrême-gauche, ont tenté de s'approcher des locaux de l'UMP. Les policiers ont fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants qui criaient "Sarko facho, le peuple aura ta peau!". Une vingtaine de voitures ont été incendiées dans l'agglomération nantaise et une vingtaine de personnes interpellées, selon la police.
Dans le reste de l'Ouest, des incidents ont aussi eu lieu à Caen, à Rennes, et à Brest. Dans la région Centre, 200 à 250 personnes ont défilé à Orléans aux cris de "Sarko-Le Pen, même combat" "Ségo revient, le peuple en a besoin". Dans le quartier sensible de La Source, une trentaine de jeunes, pour la plupart des mineurs, se sont rassemblés face aux forces de l'ordre contre lesquelles ils ont jeté des cocktails Molotov, selon des sources policières. A Tours, près de 500 jeunes, selon la police, ont manifesté et quelques abribus ont été endommagés.

En banlieue parisienne, plus de 100 véhicules auraient été brûlés, selon un décompte de l'AFP. Quatre véhicules dont un bus en stationnement ont été incendiés à Argenteuil, selon la préfecture du Val d'Oise. Le bilan de la soirée à La Courneuve s'élève à 5 voitures brûlées. En Seine-Saint-Denis, aucun incident grave n'a été relevé à l'exception de 20 à 30 feux de voitures selon la police et la préfecture, notamment à Dugny. Une vingtaine de feux ont également été recensés dans le Val-de-Marne.

Raphaëlle BAILLOT à Paris, Frédéric Crouzet et Elsa Frisullo à Lyon, Hélène Ménal à Toulouse, Ludovic Meignin à Strasbourg, Frédéric Brenon à Nantes...

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