De «l'union de la carpe et du lapin» à la «marginalisation de Sarkozy»

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Publié le 28 avril 2007.

REACTIONS – Après le débat Bayrou-Royal, UMP, UDF, PS, LCR réagissent…

A l’UMP

  • Bernard Accoyer, président du groupe UMP à l'Assemblée. Ce débat est un «exercice de politique spectacle, de connivence et de faux semblants… Faire croire à des rapprochements bricolés et factices alors que tout oppose sur le fond les socialistes les plus archaïques d'Europe et les élus UDF ayant voté la plupart des projets de loi gouvernementaux depuis cinq ans constitue une véritable supercherie intellectuelle…» Ce débat «ne fait que rajouter à la confusion» Il a brocardé «un chef de parti, abandonné dans sa démarche par la majorité de ses élus et qui est en train de fonder le sixième parti politique de sa carrière personnelle», et «une candidate qui, par opportunisme, cherche à faire le grand écart, de l'ultra-gauche au centre-droit, sans aucune cohérence idéologique».
  • Patrick Ollier, président de l'Assemblée nationale: «Ce n'est pas un débat, c'est digne d'une fable qui a pour titre “l'union de la carpe et du lapin”, ce sont deux candidats au ministère de la parole. Cet écran de fumée n'arrivera pas à masquer l'incompatibilité totale de deux projets de société opposés. Les électeurs du centre et de la France ne seront pas dupes.»
  • Dominique Paillé, député «Ce débat était l'expression d'une collusion d'intérêts un peu contradictoires. Mme Royal recherchait des électeurs au centre, M. Bayrou cherchait à occuper l'espace médiatique de ce second tour dont il est exclu, pour pouvoir jouer un rôle politique après l'échéance présidentielle. Nous n'avons pas fait de bruit (autour de ce débat), en tous les cas pas Nicolas Sarkozy… Il a dit très simplement qu'il ne ferait pas de débat avec François Bayrou parce qu'il respectait le choix des électeurs (...) mais qu'il n'était pas fermé au dialogue.»

A l’UDF

  • Didier Bariani, président du groupe UDF au Conseil de Paris: «J'étais inquiet, je l'avoue, mais au final c'est un plus pour la démocratie que nous ont offert François Bayrou et Ségolène Royal au travers de leur prestation. C'était un bon cours d'instruction civique et une preuve que la vie publique ne peut plus fonctionner avec les mêmes infirmités qu'auparavant. A titre personnel, ça ne changera pas mon vote.»

A PS

  • Jean-Marc Ayrault, président du groupe PS à l'Assemblée «Ce débat a été à l'honneur de ses acteurs et à la hauteur de cette élection présidentielle. Il est un acte majeur de rénovation démocratique par la preuve, qui met en lumière l'archaïsme des conceptions autoritaires de Nicolas Sarkozy et de son refus de débattre. Est apparue l'évidence d'un vaste rassemblement autour du projet de rénovation profonde et apaisée que porte Ségolène Royal.»
  • Jack Lang (PS), conseiller spécial de Ségolène Royal «C'est un événement sans précédent de voir deux personnalités importantes du paysage politique français engager ce débat public entre les deux tours. C'était un risque pour Ségolène Royal. Le pari est gagné par la qualité de l'échange. La qualité intellectuelle de l'échange est prometteur pour la démocratie.».
  • Jean-Luc Mélenchon, sénateur PS de l'Essonne «Pugnace et convaincante, Ségolène Royal n'a rien cédé sur ses propositions. Il n'a pas été question des ministres UDF et c'est parfait. Le sol se dérobe sous les pieds de Nicolas Sarkozy. Il perd la main sur tous les plans et se fait marginaliser. Non seulement le débat a eu lieu en dépit de lui, non seulement ce débat permet un mouvement qui inverse la pente dans le sens de Ségolène Royal mais de surcroît la candidate socialiste a gagné en crédibilité aux yeux de tous.»

Pour la LCR

  • Alain Krivine, porte-parole de la LCR, a vu dans le débat «un grand compromis entre une partie de la droite et une partie de la gauche, avec un porte-parole du centre-droit et une porte-parole du centre gauche, pour développer des programmes qui sont tout à fait solubles l'un dans l'autre… La grande absente a été la question sociale, et la gande absente sur le plan politique, ça a été la vraie gauche… Cela ne change rien à notre consigne de vote qui est de transformer le second tour en un référendum contre Sarkozy.»
AFP
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