Loi Macron: La majorité dénonce «l'irresponsabilité» des frondeurs

POLITIQUE Des députés socialistes dénoncent notamment la «posture politicienne» de Benoît Hamon...

Thibaut Le Gal

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Le député socialiste Benoît Hamon à l'Assemblée Nationale.

Le député socialiste Benoît Hamon à l'Assemblée Nationale. — PATRICK KOVARIK / AFP

Le gouvernement ne joue pas aux dés. Pas assuré d’obtenir une majorité pour la loi Macron à l’Assemblée nationale, Manuel Valls a opté pour le passage en force avec le 49-3. «Je ne pouvais pas prendre le moindre risque sur le vote de ce texte parce que se sont conjugués immobilisme, conservatisme, irresponsabilité, infantilisme», s'est justifié mercredi le Premier ministre, lors de la séance de questions dans l'hémicycle. Dans son viseur, la trentaine de députés socialistes qui menaçaient mardi de voter contre le projet de loi.

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L'«attitude immature» des frondeurs

«L’abstention peut être acceptée, mais le vote négatif est intolérable», s’agace Richard Ferrand. Le rapporteur général de la loi Macron met en avant les 193 heures de débats en commission et en séance. «Il y a eu un travail de construction et de dialogue inédit entre le Parlement et le gouvernement. 1054 amendements parlementaires ont été retenus et intégrés au texte», ajoute le député du Finistère.

«A l’issue des débats, il faut suivre la discipline de vote du groupe, c’est la règle», lance François Brottes. Le président de la commission spéciale en charge de la loi Macron dénonce «l’attitude immature des députés qui, jusqu'au dernier moment, ont laissé planer le doute sur leur intention de vote». «Il est trop facile d’arriver après la bataille et de vouloir imposer sa loi alors que le texte satisfait 90% du groupe socialiste», ajoute  Richard Ferrand.

«Quel gâchis!», poursuit Pascal Terrasse. «Les débats étaient d’un bon niveau. Emmanuel Macron avait fait un pas vers les frondeurs mais ces derniers ont préféré franchir, une nouvelle fois, la ligne rouge». Le député PS de l’Ardèche dénonce «leur irresponsabilité généralisée qui pousse les Français dans les bras du Front National».

Hamon, première cible

Dans le brouhaha, un homme entend particulièrement siffler les balles. «Les points de désaccord avaient été tranchés pour l’essentiel par des compromis. Mais du côté des frondeurs, les choses se sont cristallisées quand Benoît Hamon a donné le signal», regrette le député de Paris Christophe Caresche. Dimanche, l’ancien ministre de l’Education Nationale annonçait son intention de voter contre la loi Macron, fustigeant les mesures sur le travail dominical. «Un acte de candidature au poste de premier secrétaire», raille Pascal Terrasse.

Dans la majorité, on dénonce la «posture politicienne» de Benoît Hamon et de certains socialistes, en vue du congrès qui se tiendra en juin prochain. «Une partie de la majorité est en train de dériver vers des positions très contestatrices et s’aligner sur une critique qui est celle du Front de Gauche», craint Christophe Caresche. «Dans le sillage de Hamon ou Aubry, certains considèrent toujours la nomination de Valls au poste de Premier ministre comme illégitime», déplore Pascal Terrasse. 

Certains cadres du parti socialiste souhaiteraient des sanctions contre les frondeurs. «Avec cette attitude d'opposition, les frondeurs remettent en cause le travail parlementaire et celui du gouvernement», souffle Richard Ferrand. «Cela laissera des traces…». Des traces qui accentuent encore un peu plus le fossé entre les deux camps.