Qui perd gagne. Au lendemain de la claque électorale du Front national (FN), l’équipe de Jean-Marie Le Pen espère convaincre que l’échec du premier tour est en réalité une victoire pour son parti. «Nos idées ont tellement bien marché qu'elles ont permis à Sarkozy de faire 30%» affirme ainsi sans sourciller Marine Le Pen, lundi matin. La directrice de campagne du FN ajoute même que «contrairement à ce qu'ont dit beaucoup d'analyses, le vrai maître du scrutin, c'est Le Pen».
Ségo ou Sarko ?
L’électorat FN, 3.834.996 personnes soit 10,44% des votants, peut effectivement encore peser sur le second tour. Mais les deux candidats finalistes ont-ils réellement l’intention de draguer ces électeurs ?
Avec une campagne ancrée très à droite, Nicolas Sarkozy a sans doute grignoté toutes les voix FN qu’il pouvait espérer obtenir au premier tour (près d’un million). Les invectives entre le candidat UMP et le leader frontiste avant le premier tour ne laissent pas présager d’alliance entre les deux partis.
Le report des voix des électeurs du FN joue majoritairement en faveur du candidat de droite, Nicolas Sarkozy n’a aucun besoin de draguer de nouveau un électorat qui lui sera au mieux acquis, au moins pour moitié, au pire abstentionniste.
Consigne de vote
Sauf surprise, Jean-Marie Le Pen devrait laisser ses électeurs libres de leur vote, à l'occasion de son traditionnel défilé du 1er mai. Car peut-il vraiment soutenir un candidat UMP hué, dimanche soir au QG du FN, à chacune de ses apparitions télévisées ? Un candidat qui ne lui a rien promis, notamment sur la délicate question de la proportionnelle, réclamée depuis des années par le leader frontiste.
L’heure de la retraite et du passage de relais à sa fille Marine approchant, Jean-Marie Le Pen aura à cœur de laisser une image fidèle à celle sur laquelle il aura joué toute sa carrière, celle d’un homme «seul contre tous». Dans ce contexte, comment serait ressenti un appel à voter pour Nicolas Sarkozy ? De plus, le FN sera, dans les semaines à venir, très occupé à gérer l’échec de sa campagne, avec en suspens le rôle de Marine à (re)définir.
L’attente des législatives
Toute l’équipe de Jean-Marie Le Pen compte désormais sur les législatives pour peser dans la vie politique. «Pour forcer Nicolas Sarkozy à tenir ses promesses, il faut maintenant voter Front national aux législatives», a affirmé Marine Le Pen lundi matin, qualifiant le candidat de l'UMP de «leurre de droite»
«Jean-Marie Le Pen ne va pas se décider sur un coup de tête, il va consulter un certain nombre de personnes, nous allons en discuter avec lui tout au long de la semaine et peut-être poser des conditions pour imposer le respect de nos électeurs», a-t-il souligné sur France 2
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