MARSEILLE - Les militants du Front national déçus...
Dans le coin du bureau, la statue de Jeanne d’Arc a les yeux levés au plafond. Il est 19h40. Au siège de la fédération départementale du FN à Marseille, on entendrait presque les mouches voler. Seule une poignée de militants se sont invités pour suivre sur place aux résultats. Patricia et son mari sont «super confiants».
«De toutes façons, à Marseille, ça fait trois fois qu’on arrive en tête», assure son voisin. 20h moins dix, neuf, huit… Patricia sourit. Sept, six, cinq… «Les secondes les plus longues de ma vie». Quatre, trois, deux, un… «Les Français sont des cons! Je vous le dis, je voterai pas au deuxième tour!» Jacky Blanc, leader départemental du FN, cherche à tempérer sa militante. «C’est en contradiction avec tous les faits de société qui donnent raison à Jean-Marie Le Pen. Les Français ne sont pas assez malheureux. Ils veulent en reprendre pour cinq ans? Ils les auront! Dès demain, on va se mettre sur le terrain, le combat continue.»
20h10, Stéphane Durbec, conseiller régional, arrive à la permanence, en nage. «C’est une énorme déception, mais il y a une note d’espoir pour la suite. Bayrou comme Sarkozy sont atteints par la lepénisation des esprits, donc je les félicite pour cela.» Et d’ajouter, plus personnellement: «Je n’ai jamais connu de défaite, ça me laisse un goût de cendre dans la bouche…»
A la télé, Le Pen déclare qu’il donnera ses consignes de vote le 1er mai. «Si Sarkozy promet de dissoudre l’Assemblée nationale dans les deux mois et d’instaurer la proportionnelle, on verra», lance un militant. En attendant, les bouteilles prévues pour la fête ne sont pas toujours pas sorties des cartons.
Stéphanie Harounyan