Sarkozy contre les «golden parachutes», Royal contre Sarkozy, Le Pen contre l’«oligarchie» et tous les autres

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Publié le 20 avril 2007.

PRESIDENTIELLE – Tour des France des derniers meetings des candidats…

Sarkozy sans compromis

«Si je suis élu président de la République, je ferai voter dès l'été 2007 une loi qui interdira la pratique détestable des golden parachutes parce que c'est contraire aux valeurs qui sont les miennes», s’est exclamé Nicolas Sarkozy en meeting devant 20.000 sympathisants à Marseille.

«Mes valeurs sont claires, elles sont celles de la droite républicaine et du centre. Mais je n'accepte pas que dans une entreprise on explique aux salariés qu'il faut supprimer 10.000 emplois parce qu'on a besoin d'argent pour développer de nouveaux avions et que dans la même entreprise le patron parte avec un chèque de huit millions.»

Royal avec Zapatero

«"Ségolène incarne l'impétuosité personnelle, la fraîcheur de caractère et l'optimisme. Elle représente une autre façon d'être, de gouverner, elle incarne les promesses de réussite de la social-démocratie», a expliqué José Luis Zapatero, chef du gouvernement espagnol et invité d’honneur du dernier meeting de Ségolène Royal à Toulouse. Autre invitée surprise,  Danielle Mitterrand, ovationnée par les 22.000 militants.

Louant le chef d'un gouvernement «inventif et profondément réformateur», Ségolène Royal n'a cessé de l'opposer à Nicolas Sarkozy. Le premier a «retiré les troupes espagnoles du bourbier irakien», posé «les actes fondateurs de la lutte contre le machisme», quand le second est allé se «mettre à genoux devant George Bush» à Washington et n'a d'autre ambition que «de prendre le pouvoir». «Son projet, c'est lui, mon projet, c'est vous!»

Bayrou veut faire échec aux «puissances»

«Le béarnais est pauvre, mais il ne baisse pas la tête.» François Bayrou, en meeting sur ses terres à Pau, s’en st pris aux  «puissances» qui voudraient maintenir le PS ou l'UMP à la tête du pays.

«En face de cet immense mouvement de peuple» qui le soutient, il a décrit «le feu croisé, avec une violence jamais atteinte, de ceux qui ont un programme commun: surtout ne rien changer».

«La bonne vieille connivence entre les pouvoirs financier, politique et médiatique, voilà ce que nous menaçons par notre existence même.»

Il s’en est pris lui aussi à Nicolas Sarkozy: «A force de faire monter les tensions, entre les communautés, entre les origines, entre les religions, entre les couleurs de peau, on rend la France dangereuse. Je veux la France en sécurité, apaisée.»

Dominique Voynet en appelle à Royal

«Vous n'imaginez pas une seconde, quand même, que le PS qui aurait constaté l'extinction de l'écologie dans les urnes à la présidentielle donnerait aux Verts les moyens de peser aux législatives ?», a lancé Dominique Voynet lors de son dernier meeting à Lyon. «Si les Verts sont laminés à la présidentielle, on aura un groupe parlementaire? Non!», a-t-elle ajouté, précisant que si les Verts veulent un groupe à l'Assemblée nationale, c'est pour peser sur les questions de fond et «garantir le rapport de force tous les jours».

Certes, le soutien à Ségolène Royal va de soi –«qui peut croire une seconde que les Verts pourraient préférer Nicolas Sarkozy à Ségolène Royal?»-, mais il faut encore, a-t-elle estimé, que la candidate socialiste convainque l'ensemble des électeurs des Verts, avec des «contreparties».

«Je veux que la gauche soit porteuse d'un projet audacieux, culotté, iconoclaste, généreux, je veux que la gauche gagne si elle est belle, et elle ne peut pas l'être si les Verts sont laminés, elle ne peut pas l'être sans l'écologie».

Le Pen s’attaque à «l'oligarchie» et au «système»

«Sarkozy, Bayrou, Royal, on prend les mêmes et on recommence», a lancé Jean-Marie Le Pen, entré en scène sur un petit pas de danse, lors de son dernier meeting à Nice., devant 2.500 sympathisants enthousiastes. Il a prédit une «grand vague nationale qui va balayer l'oligarchie en place».

«C'est la fameuse rédemption électorale», «celle qui veut transformer ces vieux chevaux de retour de la politique en perdreaux de l'année», s’est-il exclamé. «C'est le requin aux dents qui rayent le plancher qui endosse son costume de petit poisson rouge. C'est la mue de la coquine en rosière et du maquignon en Saint Jean Bouche d'Or», a-t-il ironisé.

A côté du Palais des congrès, 250 à 350 personnes ont manifesté derrière une banderole «riposte anti-fasciste»,  à l'appel de la LCR, du Parti Communiste, du collectif Nice-Antifa et de la CGT.

Buffet: le «vote utile» c’est moi

«Le 22 avril n'allons pas dans l'isoloir la peur au ventre», «écartons les tactiques politiciennes, votons pour nous, allons droit au but, votons pour donner une boussole à la gauche, cette boussole c'est le Parti communiste français», a expliqué Marie-George Buffet, en meeting à Marseille, ovationnée par la salle qui brandit les drapeaux rouges.

Elle s'en prend alors à ceux qui préconisent le «vote utile pour Ségolène Royal ou François Bayrou». Mais «d'alternance en alternance, demain on vous dira votez Sarkozy pour faire face à Le Pen et ça je ne le veux pas pour notre peuple et nos enfants».

Besancenot à boulets rouges

«Nicolas Sarkozy a transformé le ministère de l'Intérieur en commissariat central et notre proposition est que Jacques Chirac y rentre car il y a des juges qui l'attendent», a déclaré Olivier Besancenot en meeting à Grenoble, provoquant les cris dans la salle de «Chirac en prison».

Olivier Besancenot a aussi reproché à la gauche sa timidité sur l'immigration, «devenu un sujet sensible, presque tabou». Pour le candidat de l'extrême gauche, qui souhaite régulariser tous les sans-papiers, «l'immigration n'est pas tabou, car ce n'est pas un problème».
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