Le ministère de l'Éducation nationale de Najat Vallaud-Belkacem a revalorisé le 28 décembre dernier de 10.000 euros la prime annuelle des recteurs d'académie.
Le ministère de l'Éducation nationale de Najat Vallaud-Belkacem a revalorisé le 28 décembre dernier de 10.000 euros la prime annuelle des recteurs d'académie. - François Guillot AFP

Beau cadeau de Noël pour les recteurs d'académie. Ces derniers ont vu leur «indemnité de responsabilité» revalorisée de 10.000 euros par un arrêté publié dimanche dernier au Journal Officiel.

Fixé à 15.200 euros en 2010, le montant annuel de cette indemnité est passé fin 2014 à 25.620 euros... soit plus de 40% d'augmentation pour la part fonctionnelle.

Outre cette part fonctionnelle, les recteurs peuvent aussi avoir droit à une part variable définie par un arrêté publié en 2010 : «Le montant annuel de référence de la part variable susceptible d'être versée aux recteurs d'académie en fonction de leur manière de servir et des objectifs atteints représente 45% du montant annuel de la part fonctionnelle».

Un recteur d'académie qui atteindrait tous ses objectifs fixés pour l'année 2015 pourrait prétendre à une prime globale, en plus du salaire, pouvant aller jusqu'à plus de 37.000 euros à l'année.

Contestation syndicale

La publication de ce décret n'a pas été du goût des syndicats d'enseignant, à l'image du SNES-FSU Lille qui a manifesté son mécontentement dès le 28 décembre:

Pour le SNES-FSU Lille, «la prime (revalorisée le 28 décembre) correspond au salaire annuel d’un certifié conseiller principal d'éducation - professeur des écoles au dernier échelon de la hors-classe», s'indigne le syndicat.

Un autre syndiquat du secondaire, l'Unsa, voit dans cette revalorisation un deux poids-deux mesures, comme le déplore sur Twitter son secrétaire général Christian Chevalier:

«Ni une fleur, ni un cadeau fait aux recteurs»

Du côté du ministère de l'Éducation nationale, on estime que cette revalorisation de la prime des recteurs ne devrait pas créer la polémique. Interrogé par le journal Les Echos, l'entourage de la ministre Najat Vallaud-Belkacem explique : «Ce n'est ni une fleur ni un cadeau fait aux recteurs. On rectifie une anomalie, car les recteurs gagnaient moins que leurs subordonnés - inspecteurs d'académie et secrétaires généraux.»

Avant de nuancer : «Cela aurait dû être fait il y a un an et demi, mais le dossier a pris du retard.» En tout cas, cette revalorisation ne sera pas passée inaperçue.

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