«Tu es un connard, un déloyal, un salaud! Je vais te casser la gueule»

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Publié le 6 avril 2007.

PRESIDENTIELLE – L’ex-ministre Azouz Begag raconte ses relations tendues avec Nicolas Sarkozy…

Officiellement, Azouz Begag, nouveau soutien de François Bayrou, a démissionné de son poste de ministre du gouvernement Villepin «pour reprendre sa pleine liberté de parole.» La réalité serait tout autre. Le désormais ex-ministre délégué à la Promotion de l’égalité des chances aurait dû quitter son poste en raison de la publication d’un livre , intitulé «Un mouton dans la baignoire» dont les bonnes feuilles paraîtront samedi dans l’hebdomadaire «Marianne».

A charge

Un ouvrage à charge contre Nicolas Sarkozy. Le sociologue d’origine algérienne y relate ses relations exécrables avec celui qu'il baptise «mon ennemi de l'Intérieur.»

Azouz Begag date des émeutes de l’automne 2005 «la descente aux enfers». Pour avoir contesté l'emploi du mot «racaille» par Nicolas Sarkozy et «la sémantique guerrière» de son collègue de l'Intérieur, Azouz Begag affirme être pris à partie par les sarkozystes qui réclament sa démission, pour «absence de loyauté gouvernementale».

«Le Beur de Villepin»

«Il n'y connaît rien en politique (...). C'est le Beur de Villepin», disent de lui les ministres et députés sarkozystes, selon Azouz Begag. Il raconte aussi un rendez-vous en tête-à-tête avec Nicolas Sarkozy — où le ministre «joue le persécuté» — et surtout un coup de fil violent.

Au téléphone, Nicolas Sarkozy «me passe un savon tellement incroyable que je ne peux m'empêcher de le consigner sur le champ», relate Azouz Begag, avant de citer l'ex-ministre de l'Intérieur: «Tu es un connard, un déloyal, un salaud ! Je vais te casser la gueule.»

«Le ministre de l'Intérieur m'a conseillé, dans une ultime menace, de ne jamais plus lui serrer la main à l'avenir, sinon il allait m'en cuire», ajoute l'ex-ministre.

Selon «Marianne», Azouz Begag a fait l'objet de pressions pour qu'il retarde la parution de son livre, mais a finalement décidé «de passer outre». Selon «Le Parisien», il a bien tenté de faire machines arrières, mais trop tard.

Réaction de François Fillon


François Fillon, conseiller politique de Nicolas Sarkozy, a réagi vendredi en affirmant qu'Azouz Begag «n'avait jamais trouvé sa place dans le gouvernement» et regretté que Dominique de Villepin ne lui ait pas demandé de démissionner «bien avant». «On ne peut pas avoir un gouvernement dans lequel durablement un ministre passe l'essentiel de son temps à en critiquer un autre. Dans un gouvernement normal, il y a un des ministres qui serait sorti du gouvernement bien avant ce qui s'est passé».
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