Demandeurs d'asile: Pour Cazeneuve, la France n'est pas «une forteresse assiégée»

IMMIGRATION Le nombre de demandeurs d'asile a baissé de 5% sur un an...

20 Minutes avec AFP

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Bertrand Cazeneuve, ministre de l'Interieur, le 07/12/2014.

Bertrand Cazeneuve, ministre de l'Interieur, le 07/12/2014. — EREZ LICHTFELD/SIPA/

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a indiqué mardi à l'Assemblée nationale que le nombre de demandes d'asile devrait atteindre 63.000 pour l'année 2014, soit une baisse de près de 5%, en appelant à cesser de voir la France «comme une forteresse assiégée».

«En France le nombre de demandeurs d'asile a presque doublé entre 2007 et 2013. Selon les données collectées par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), 58.000 demandes ont été déposées au cours des onze premiers mois de l'année 2014 - il devrait donc y en avoir environ 63.000 au terme de cette année», a déclaré le ministre à l'ouverture des débats sur le projet de loi de réforme de l'asile dans l'hémicycle.

En 2013 le nombre de demandes s'était établi à 66.000. Environ les trois quarts des demandes sont rejetées.

L'Allemagne et le Suède enregistrent davantage de demandes

«La France est loin de ployer sous le poids des demandes, comme on l'entend trop souvent par le truchement d'un certain nombre de démagogues patentés. Je rappelle que l'Allemagne accueillera en 2014 presque trois fois plus de demandeurs que nous. La Suède en accueillera plus de 80.000 alors que sa population est six fois inférieure à celle de la France», a poursuivi Bernard Cazeneuve à l'adresse de la droite et de l'extrême droite. «Cessons de nous concevoir comme une forteresse assiégée», a-t-il lancé.

«Il y a ceux qui analysent et proposent des réformes et il y a ceux qui ne les ont pas faites et qui, se prévalant de leurs propres manquements, n'hésitent pas à fustiger un système qu'ils disent à la dérive», a-t-il aussi taclé.Le projet de loi vise à « réduire à neuf mois en moyenne la durée totale de l'examen d'une demande», contre deux ans actuellement, à «améliorer l'accueil et l'hébergement des demandeurs» et à «renforcer (leurs) droits».

Le ministre a salué les travaux de la commission des Lois sur le texte mais a mentionné «des difficultés» sur certaines modifications apportées dont celle accordant un droit à la formation professionnelle au bout de neuf mois. Dans les couloirs de l'Assemblée, Bernard Cazeneuve a rappelé l'examen prochain d'un projet de loi sur l'immigration.