Laurent Wauquiez pose à l'Assemblée nationale le 17 juillet 2014.
Laurent Wauquiez pose à l'Assemblée nationale le 17 juillet 2014. - S. de SAKUTIN / AFP

Qui est Laurent Wauquiez? Elu député en 2004 à 29 ans, aujourd’hui secrétaire général de l’UMP, celui qui incarne aujourd’hui la branche «réac» de l’UMP quand NKM occupe le créneau «bobo», a eu une trajectoire éclair. Et son image, du moins, ce qui en transparaît dans les médias a beaucoup évolué, du jeune élu qui veut secouer le cocotier politique phagocyté par les «vieux», au ministre ambitieux aux dents longues, prêt à marcher sur ses camarades. 20 Minutes a lu pour vous plusieurs portraits consacrés à Laurent Wauquiez depuis 2004 et a gardé 7 choses à savoir sur l'homme à la parka rouge.

  • Un CV élogieux qu'il traîne comme un boulet

Laurent Wauquiez a un CV parmi les plus prestigieux de l'UMP, plus complet, même qu'Alain Juppé: scolarité à Louis-le-Grand, Henri-IV, Normale Sup, major de l'agrégation d'histoire, Sciences-Po, DEA de droit public, ENA, dont il est sorti major, avant d’atterrir au Conseil d’Etat. «Mais, contrairement à Juppé, il ne tire aucune fierté de ses études à rallonge. Il en parle à peine, change de sujet, et préfère raconter comment il traverse Paris à vélo avec son fils dans le dos...», écrit Libé en 2005. «On ne résume simplement pas une personnalité à ce qu'elle a fait entre 18 et 23 ans», se défend-il, presque honteux dans le JDD en 2009. C’est vrai que ça fait moins français moyen, son positionnement, que digne représentant d’une élite qu’il fustige constamment.

  • Sœur Emmanuelle, son story telling

Comment ça, vous n’êtes pas au courant? Vous ne savez pas que Laurent Wauquiez a décidé de faire son stage de l’ENA dans l’association des Chiffonniers du Caire de Sœur Emmanuelle? Libé l’évoque dès 2005, mais aussi le JDD en 2009 ou Valeurs Actuelles en 2012  ou Paris-Match toujours en 2012. Lui-même en parle dans une vidéo du JDD.fr en 2012: Soeur Emmanuelle le reçoit et lui dit: «est-ce que tu te rends compte de ta chance? Tu dois apprendre à rendre. C’est une des choses qui m’a motivé en politique». Vous avez bien, compris? C’est au contact des enfants dans les bidonvilles que sa vocation s’est aiguisée. D'ailleurs, son talent pour se vendre est relevé dans les portraits qui lui sont consacrés. Du Point en 2007, à Libé en 2004 ou à l’Express en 2011, à chaque fois, son goût pour la communication est mis en avant. Jusqu'à avancer qu'il a choisi son inamovible Parka rouge pour se faire repérer. Lui assure que c'est juste que sa femme aime cette couleur.

  • En fait à la base, il trouvait Sarkozy trop à droite

C’est toujours savoureux de relire des portraits dix ans après. En 2004, donc, Chirac l’a adoubé. Il lui a meme rendu visite dans sa circonscription quelques jours seulement après son élection. Dans la guerre Chirac VS Sarkozy, «il penche évidemment pour le premier», explique Libération, «mais admire les méthodes du second. Avec le président de l'UMP [Sarkozy à l’époque], il partage aussi une ambition politique personnelle très affirmée (« depuis qu'il est passé, le parquet de la mairie est tout rayé », rigole un élu socialiste de Haute-Loire).» D’ailleurs, avant de dénoncer le «cancer de l’assistanat» avec son club la Droite sociale, il était plutôt décrit comme un «républicain social» qui «travaille sur sa gauche, tendance catho social», craignant «l’idéologie libérale qui domine la droite sarkozyste», qui cite même parmi ses modèles le socialiste PIerre Mendès-France. Mais ça, c’était avant sa mue droitière en 2011, analysé dans un portrait de M Le Magazine, où l'opportunisme politique est plus que suggéré: « Le modéré apprend à choquer. (…) avec sa dénonciation du «cancer de l'assistanat», le ministre parvient tout de même à ses fins : il crève le plafond de verre médiatique et s'impose dans les baromètres de popularité».

  • Poésie de la densité, YouPorn, Dalida et électro

On se souvient récemment de l’épisode Youporn, quand Laurent Wauquiez  a concédé regarder des pornos. Mais  ce jeune élu bien dans son époque a aussi une passion pour «la course à pied, le cinéma hongkongais, le football, la bande dessinée», nous apprend le JDD en 2009. Et, ajoute l’hebdomadaire, «le rapport à la beauté, l'amour de la poésie», dont Yves Bonnefoy. Un classique pour Wauquiez, qui lance au journaliste de Libération: «Bonnefoy, tu connais? C'est une poésie de la densité». Mais plus classe moyenne, il admet aussi écouter Dalida, Daft Punk et Jean-Jacques Goldman (la Vie en 2012). De la variétoche mais pas que, il adore l'électro Daft Punk (facile), mais aussi, moins connu, The Ting Tings ou encore Hercules and Love Affair. Par contre, très peu pour lui les «films d'art et essai franco-français». 

  • L’homme des coups tordus

Ce n'est pas nous qui le disons mais ses collègues de l’époque. Lui-même a récemment concédé avoir «pété un câble» et être devenu «insupportable» en prenant la grosse tête lorsqu’il a été nommé secrétaire d’Etat. Ce qui explique la tonalité d’un grand nombre d’articles vers 2011 où la relative bienveillance vis-à-vis de Laurent Wauquiez commence à changer. L’Express, dans un long papier, nous explique que Wauquiez «cherche des amis», qu’il a tendance à jouer solo, à s’attribuer le mérite des autres ou à vouloir profiter de la lumière médiatique d’une camarade, quitte à inventer des rendez-vous réguliers avec Rama Yade. Il semble aussi être un habitué du SMS fail : il envoie un texte peu amène sur Nadine Morano… à l’intéressée alors qu’il était adressé à son adversaire politique en Moselle… Même manip avec Jean-François Copé. «On ne peut pas s'entendre avec lui. Dès que vous avez le dos tourné, il vous baise», explique en 2012 au Monde un collègue de Wauquiez. Bref, pas étonnant que Sarkozy a hésité à le nommer au vu de sa faible cote de popularité dans le parti.

  • Un allumeur

Là encore, ce n'est pas nous mais Frédéric Mitterrand qui le dit, dans son livre, La Récréation, qui parle de son passage au gouvernement. Il décrit notamment cette scène: «Cet allu­meur de Laurent Wauquiez me fait passer un petit papier au conseil des ministres, écrit Mitter­rand. Il est assis en face de moi. Il a écrit « Pourquoi tu me regardes avec cet air langou­reux?» Il doit s’en­nuyer et teste son pouvoir de séduc­tion sur moi pour se distraire. C’est effectivement un beau gars, dans le genre qu’on regarde dans les vestiaires après un match de foot et à qui on parle de fille en pensant éventuellement à autre chose.» Il faut dire que beaucoup d'articles relèvent son physique avantageux. «Ses cheveux poivre et sel et son sourire de premier communiant font merveille», pour Libé en 2004, le «beau gosse» du gouvernement pour 20 Minutes où nous allons même jusqu'à le comparer à George Clooney, «une belle gueule, qui lui vaut d'être consacré par Têtu comme «le plus bandant du gouvernement"», rappelle même Le Point

  • Un homme à femmes

A 18 ans, il accole le nom de sa mère «Motte» au sien. Un hommage, nous explique Le Monde, pour une femme qui a élevé ses quatre enfants seule ou presque. Si Laurent Wauquiez n’hésite pas à poser dans Paris-Match avec sa famille, il s’exprime en revanche très peu sur ses parents. Ses parents ont divorcé quand il avait un an, il connaît assez peu son père, qui est parti vivre en Suède, nous explique le JDD. Oui, il était «le cadet adoré» par sa mère et sa grand-mère. Mais preuve qu'il a su s'émanciper, il a pris la voie de la politique contre la volonté de «maman»: «Je me suis saigné aux quatre veines pour te payer des études, ce n'est pas pour que tu finisses mis en examen», lui avait-elle dit selon M le Magazine.

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