INTERVIEW – Laurent Gervereau, historien, explique les nouvelles tendances des affiches politiques…
Laurent Gervereau, historien, et commissaire de
l’exposition «Je m'voyais déjà. L’image du candidat à l’élection présidentielle, 1848–2007» explique les nouvelles tendances des affiches politiques.
L’affiche politique est-elle destinée à disparaître?
L’affiche est en crise, il n’y a pas de doute, mais je ne crois pas qu’elle va disparaître. Certes, dans les campagnes à venir, on repensera le rôle des affiches politiques. Mais c’est quand même un mode de communication pratique et peu onéreux.
Cela reste plus cher qu’un site internet?
Peut-être, mais tout le monde ne va pas sur le net, tout le monde ne s’informe pas sur la campagne, mais tout le monde passe devant les affiches.
Quelles sont les particularités des affiches politiques de cette campagne?
Quand on se promène dans l’exposition, on se rend compte que les affiches actuelles se fondent complètement dans ce qui s’est fait précédemment. Il n’y a pas vraiment de nouveautés.
Il y a tout de même quelques tendances…
Bien sûr, il y a beaucoup de références à l’Internet, comme sur les affiches de Ségosphère, mais c’est quelque chose qui avait déjà été utilisé. Chaban s’était inspiré de la presse écrite pour faire moderne. En fait, les candidats utilisent des recettes qui ont déjà marché: Ségolène fait du noir et blanc, Bayrou du Lecanuet, et Sarkozy refait le coup de Mitterrand. On est complètement dans le revival. C’est la preuve que les candidats ne misent pas là-dessus, et donc ils prennent un minimum de risques.
Propos recueillis par Pierre Koetschet