Les candidats se tapent de l’affiche

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Publié le 30 mars 2007.

PRESIDENTIELLE – Chères, très réglementées et peu efficaces, les affiches électorales sont en voie de disparition…

Du noir, du blanc, du rouge. A une couleur près, la nouvelle affiche de Ségolène Royal dévoilée vendredi aurait été retoquée. Les règles concernant l’affichage électoral sont toujours aussi strictes, et pourtant, les affiches sont beaucoup plus rares dans le paysage urbain.

bleu-blanc-rouge

Si l’affiche de Ségolène Royal avait contenu du bleu, la CNCCEP (commission nationale de contrôle de la campagne en vue de l'élection présidentielle) ne l’aurait pas homologuée. Sont interdites «les affiches imprimées sur papier blanc». Idem pour les combinaisons de couleurs bleu-blanc-rouge, sauf si elles sont cantonnées à la reproduction de l'emblème d'un parti. C’est la mésaventure qui est arrivé à Alain Madelin en 2002.

Toujours aussi sévère, la commission a refusé à Gérard Schivardi le droit de se présenter comme «le candidat des maires». Le candidat a beau s’indigner: «La décision qui vient d'être prise à mon encontre constitue un premier pas, un premier coup porté contre toutes les libertés.» Pourtant son directeur de campagne Daniel Gluckstein a indiqué que son parti allait se «conformer à la décision de la commission et soumettre une nouvelle proposition d'affiche et une nouvelle profession de foi», tout en demandant l’arbitrage du Conseil d’Etat et du Conseil constitutionnel.

1 million d’euros

Car les candidats ne peuvent pas vraiment se permettre d’être hors-la-loi. Les coûts d’impression et d’affichage peuvent être pris en charge par l'Etat si le papier est recyclé ou issu de forêts à gestion durable, dans le cas contraire, la douloureuse porte bien son nom. Selon Gérard Schivardi, «25 millions de professions de foi et 180.000 affiches déjà imprimées devront être mises au pilon», pour un coût de quelque 300.000 euros. Pour assumer cette dépense, le PT, qui revendique environ 6.000 adhérents, a lancé un «appel à souscription».

Et si la solution, c’était de ne pas faire d’affiche du tout? «Depuis la campagne de 1995, les grandes affiches politiques ont quasiment disparu», remarque sur son blog Thierry Vedel, prof à Sciences-Po. Sites internet, médias ont l’avantage d’être moins chers et moins contraignants que l’affichage classique. Seule Arlette Laguiller a lancé une grande campagne en décembre dernier. Coût total, 1 million d’euros, un tiers du budget de campagne. La candidate de L.O. est la seule à oser ce pari-là. Pour les autres, les affiches servent surtout à faire des coups (comme celles de Bové), ou à faire des clins d’œil (la Force tranquille de Mitterrand et la mouette de Sarkozy). Pour les programmes et les messages, il faudra repasser.
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