Ce devait être une formalité. La prise de l’UMP? Un plébiscite synonyme de tremplin pour les présidentielles 2017. Nicolas Sarkozy avait promis de ne faire qu’une bouchée de ses concurrents, Hervé Mariton et Bruno Le Maire, le 29 novembre prochain.

Il prédisait en privé un score «minimum de 80%». Mercredi, l'ancien président revoyait ses prédictions à la baisse. «En matière d’élection, je ne connais qu’un seul critère de succès vraiment incontestable: remporter la victoire». Sa campagne a été entachée de polémiques. 20 Minutes vous propose les 5 principales erreurs de candidat Sarkozy.

L’«abrogation» du mariage pour tous

Nicolas Sarkozy avait pris soin de ne pas s’engager sur la loi Taubira. Mais lors d’un débat organisé par Sens commun, association née au sein de l'UMP dans le sillage de la Manif pour tous, l’ancien président a opté pour une «réécriture de fond en comble de la loi Taubira». Chahuté par la salle, il avait finalement consenti à lâcher le mot «abrogation». Un angle d'attaque pour ses adversaires politiques, qui l'ont accusé de céder à la pression, à l’image de Bruno Le Maire.

Les origines de Dati

Une phrase lancée par Nicolas Sarkozy lors d’un meeting mardi 25 novembre à Boulogne-Billancourt a déclenché la polémique. L’ancien chef de l’Etat a justifié la nomination de Rachida Dati au ministère de la Justice en 2007. «J'ai voulu Rachida Dati comme garde des Sceaux parce que je m'étais dit que Rachida Dati, avec père et mère algérien et marocain, pour parler de la politique pénale, ça avait du sens». Son entourage a d’ailleurs tenté de temporiser.

Alain Juppé et les sifflets

Lors d'un meeting à Bordeaux, Alain Juppé s’est fait siffler par les soutiens de Nicolas Sarkozy, en évoquant le rassemblement avec le centre. L’image était gênante pour celui qui se pose depuis son retour en rassembleur de la droite. Face aux remous déclenchés à l’UMP, l’ancien président avait dû s’expliquer. «Croyez-vous que cela soit si aisé d'interrompre une salle de 5.000 personnes qui manifestent leurs désaccords sincères et spontanés avec l'orateur?», se justifiait-il au Figaro.

Mépris de ses adversaires?

Même s’il reste le grand favori de l’élection pour la présidence du parti, l’ancien chef de l’Etat s’est agacé de ne pas voir sa campagne décollée comme il l’imaginait. Il aurait ainsi qualifié Bruno Le Maire de «connard que j'ai fait ministre», selon des propos rapportés par Le Canard enchaîné. Moment de tension également avec Hervé Mariton lors du meeting de Sens commun. Devant les caméras, Nicolas Sarkozy a reproché à son adversaire de ne pas l’avoir applaudi. «Je ne suis pas d'accord, j'ai le droit, bonne soirée», lui répond son adversaire. Ambiance.

Mauvaise stratégie?

Nicolas Sarkozy a-t-il raté son début de campagne? Ses meetings proposant un «dialogue avec la salle» ont été critiqués au sein même de son camp. «Les images où on le voit enfoncé dans son siège avec son micro des années 1980, c'est catastrophique», confiait un proche au Parisien. «Il faut absolument abandonner cette formule et remettre au goût du jour le pupitre», lui conseillait Henri Guaino au Point. Finalement, le candidat a réglé le tir  en«reprenant de la hauteur» lors du meeting de Saint-Cyr-sur-Loire.