Les trois contre-vérités de Marine Le Pen sur les djihadistes français

TERRORISME La présidente du Front national a accumulé plusieurs erreurs sur les djihadistes français, ce mercredi en interview…

Anne-Laëtitia Béraud avec AFP

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Marine Le Pen, présidente du Front national, le 24 octobre 2014.

Marine Le Pen, présidente du Front national, le 24 octobre 2014. — SARAH ALCALAY/SIPA

Marine Le Pen, présidente du Front National, parle souvent du djihadisme, et des djihadistes français. Mais loin de tourner sept fois la langue dans sa bouche, il lui arrive d'avancer des erreurs, comme ce mercredi, invitée sur Sud Radio.

 

  • Le fondamentalisme islamique en Normandie

«Le fondamentalisme islamique ne pousse pas dans les prairies normandes», avait déclaré Marine Le Pen en juin 2014, sur France Info. Interrogée sur cette formule ce mercredi sur Sud Radio, la patronne du FN maintient. «Bien sûr que c’est vrai, ce n’est pas une production sui generis», a-t-elle rétorqué ce mercredi. Des propos qui interviennent au lendemain de l’identification du jeune Maxime Hauchard, originaire d’une petite commune de Normandie, parmi les bourreaux présumés de prisonniers syriens et de l'otage Peter Kassig ce week-end. Et juste avant l’identification formelle d’un second Français djihadiste ayant pris part à la décapitation d'otages dans une vidéo. L’homme de 22 ans, Mickaël dos Santos, est originaire du Val-de-Marne.

>> Reportage 20 Minutes: Qui est Mickaël dos Santos? Les réactions de ses voisins et de ses proches à Champigny-sur-Marne

  • Ces Français partis faire le djihad

«Il y a aujourd'hui, selon les services de renseignement français, 4.000 Français qui sont partis faire le djihad. Non pas 1.000, mais 4.000 Français», a affirmé mercredi Marine Le Pen à la radio. Selon le procureur de la République à Paris François Molins, 1.132 Français sont impliqués dans les filières djihadistes en Syrie. Selon lui, 376 sont présents en Syrie et en Irak.

  • Le djihadisme et les binationaux

Sur ces supposés «4.000» Français partis faire le djihad, Marine Le Pen explique que seule une part «anecdotique» de ressortissants est exclusivement française, le reste étant des binationaux. Pourtant, les filières djihadistes sont composées pour les deux tiers de ressortissants français, selon les données sur les filières djihadistes en France. Cette population est jeune et hétérogène: Les djihadistes en France sont majoritairement issus de familles originaires de l'immigration, mais il existe une part importante de convertis (20%).

>> Quand Romain, nouveau converti de 26 ans, organisait le djihad sur Internet