Nicolas Sarkozy en meeting le 07 novembre 2014
Nicolas Sarkozy en meeting le 07 novembre 2014 - Sakoutin

Premier meeting parisien pour Nicolas Sarkozy, à trois semaines du vote pour la présidence de l’UMP. Le candidat a prévu les choses en grand avec 4.000 sympathisants et militants. Et un air de déjà-vu avec ses campagnes présidentielles, où la foule devenait hystérique au nom de son champion. Si les drapeaux français sont bien moins nombreux que durant la présidentielle, ils ont été remplacés par des autocollants bleus à l’effigie de Nicolas Sarkozy et siglés «Mon président».

Meeting de Nicolas Sarkozy à Paris, le 7 novembre 2014. - AL BERAUD/20 MINUTES

>> «Avec le retour de Nicolas Sarkozy, tout va changer à l'UMP sauf la couleur des rideaux» selon un politologue

«Nicolas Sarkozy a quelque chose de de Gaulle, que j'ai connu enfant», juge Anna Sauriat, fidèle parmi les fidèles, autocollant sur le front. Se définissant comme un «supporter inconditionnel de Nicolas Sarkozy», Yves Etienne, Parisien de 51 ans, est adhérent aux partis de droite depuis l’âge de 16 ans. Et Nicolas Sarkozy aujourd’hui en campagne «a l’atout, mais aussi le handicap d’avoir été président de la République. On est en attente d’un discours présidentiel, alors qu’il est en campagne pour le parti. Il ne faut pas mélanger les étapes, et ce n’est pas forcément facile ».

>> Lire ici l'interview d'une militante venue au meeting de Nicolas Sarkozy.

A la tribune, Nicolas Sarkozy se fait équilibriste. De l’UMP, qu’il ne cite jamais, «il faut courageusement tout remettre à plat pour être capable de nous réinventer». Une organisation divisée et marquée par l’affaire Bygmalion, qu’il désire sans «courants, tendances ni écuries».

Meeting de Nicolas Sarkozy à Paris, le 7 novembre 2014. - AL BERAUD/20 MINUTES

 

Puis le discours, écrit par son ancienne plume à l’Elysée Henri Guaino, se mue en longue ode à la République. Une République menée par les ombres tutélaires de Jules Ferry, Jean Moulin et le général de Gaulle, «non compatible avec le communautarisme», qui refuse «l’emprise de certains corps intermédiaires» et «l’assistanat». Le discours, solennel, évoque «la grandeur de la France» à retrouver «ensemble». Ce mot était un slogan de campagne présidentielle…Cependant, Nicolas Sarkozy prévient: «A ceux qui attendent que je dévoile mes intentions pour la présidentielle de 2017 je veux dire: Chaque chose en son temps».

Assuré de gagner l’élection fin novembre face à Bruno Le Maire et Hervé Mariton, l’entreprise de son retour n’est reste pas moins marquée par une déception. Le scénario du retour de l’homme providentiel, que dessinaient ses amis jusqu’à l’été, a pris l’eau. Et au sein du parti, l’homme suscite de violentes oppositions. Dans cette campagne, il s’agit en premier chef du quadra Bruno Le Maire, qui pourrait accrocher 25% des voix des adhérents UMP selon des sondages. Un score minime par rapport à Nicolas Sarkozy, mais qui l’empêcherait de renouveler le plébiscite de 2004 (85%), quand il concourrait pour la première fois à la tête de l’UMP.

>> Quand le scénario d'un retour triomphal prend l'eau

D'autres adversaires plus redoutables encore, qui se sont déclarés à la primaire à droite en 2016. Et dans cette bataille, Alain Juppé est désormais favori des sympathisants UMP (47%) devant Nicolas Sarkozy (35%), selon un sondage LH2 pour l’Obs publié mi-octobre. Quant aux affaires où le nom de Nicolas Sarkozy est cité, ce n’est que «dénigrement» et «manipulation» selon Nadine Morano, membre de l'équipe de campagne.

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