Le face-à-face télévisé de François Hollande avec les Français n'a pas convaincu.
Le face-à-face télévisé de François Hollande avec les Français n'a pas convaincu. - WITT/SIPA

«Encore raté !» tranche Le Figaro de vendredi à la une. «Il n'avait pas grand-chose à dire, mais il l'a dit longuement», cingle Paul-Henri du Limbert dans le quotidien de droite, qui n'est pas le seul à émettre un jugement négatif.

Thierry Borsa, dans Le Parisien, a vu «une démonstration inquiétante de la difficulté de François Hollande de trouver pour la seconde partie de son quinquennat l'élan, la volonté, la force de rassurer des Français qui, au lendemain de son intervention, ont toujours autant de raisons de douter».

«Des efforts payants dans dix ans»

Sur le fond du propos présidentiel, «François Hollande a affronté le vent contraire avec véhémence et annoncé - avec une certaine honnêteté - que les efforts demandés paieraient... dans dix ans», commente avec bienveillance Laurent Joffrin dans Libération, ajoutant toutefois : «Ce qui a manqué ? Parler à la gauche».

«En confirmant sa politique de rigueur, il entretient la déception à gauche sans apaiser l'incrédulité à droite», analyse Michel Urvoy dans Ouest-France.

Hollande entre «député de base» et «consultation de sous-préfecture»

Sur la forme prise par le dialogue présidentiel avec quatre Français, Bruno Dive écrit dans Sud-Ouest que «l'émission d'hier a successivement transformé François Hollande en conseiller de Pôle Emploi, en guichetier d'aide aux entreprises, et finalement en député de base, un député dont la permanence aurait été le studio de TF1, et qui se voyait sommé de consoler, de rassurer, d'aider ses compatriotes dans la détresse ou le désarroi».

Ce qui fait dire à Nicolas Beytout dans L'Opinion, qu'«on nous promettait un grand rendez-vous politique à la mi-temps du quinquennat, nous avons eu une consultation de sous-préfecture».

«Le contraste était saisissant entre l'ode présidentielle à une France qui bouge, qui invente, qui réussit, et la réalité de ces quatre Français pour qui la crise est bien concrète, quotidienne», commente Jean-Marcel Bouguereau dans La République des Pyrénées.

«Au moins cette opération de communication, l'aura-t-elle rapproché de ses lointains administrés le temps d'une soirée. La proximité se substitue à la légitimité», tacle La Nouvelle République du Centre Ouest sous la plume de Denis Daumin.

«Effacer l'anecdote ravageuse des "sans dents"»

Raymond Couraud, de L'Alsace, constate que «le président a surtout tenu à être compatissant, histoire d'effacer l'anecdote ravageuse des "sans dents"».

«Le chef de l'Etat en a été vite réduit à assurer le service après-vente de sa politique et de ses pannes là où l'on attendait un visionnaire qui montre - enfin - le cap», renchérit Patrice Chabanet du Journal de la Haute-Marne.

Ce que Jean-Louis Hervois résume d'une phrase assassine dans La Charente libre : «Personne ne sait où tout ça nous mène, pas même lui».

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