Omniprésente dans les médias, plébiscitée dans les sondages, le prénom de Ségolène suffit à l’identifier. Adhérente au PS dès 1978, elle connaît bien les arcanes de la politique pour avoir déjà été députée, ministre et conseillère à l’Elysée. Au printemps 2004, elle enlève la région Poitou-Charentes à Jean-Pierre Raffarin en s’appuyant sur des «valeurs» qui lui sont chères, le travail, l'éducation, l’opinion du peuple et la promesse de changement. On les retrouve dans les cent propositions de son
«pacte présidentiel».
Sa campagne a débuté officiellement en novembre 2006, lorsque les militants socialistes l’élisent comme représentante du parti à la présidentielle, mais officieusement, c’est onze mois plus tôt que les choses ont vraiment commencé : en janvier 2006, elle rend visite à Michelle Bachelet, actuelle présidente chilienne. Ce voyage marque le début de la percée médiatique de Ségolène Royal: c’est là que l’on a parlé pour la première fois de… sa tenue, notamment de ses escarpins, avec beaucoup d’ironie.
Qu’importe, Royal retourne les flèches à son avantage et forge son identité avec des marqueurs très forts : une veste blanche, des discours à base de «je», de «vous», et des néologismes qui font les choux gras des médias («bravitude», «ordre juste», «désir d’avenir»). Et la joie de ses détracteurs qui qualifient certaines de ses sorties de bourdes. On lui assène des remarques machistes, on lui reproche de ne pas connaître ses dossiers (cf
son erreur sur le nombre de sous-marins nucléaires). Pendant ce temps, Ségolène Royal se passionne pour les graphiques: «le bilan annuel de la Sofres, je dévore ça!, s’exclame-t-elle. Les publications de l'INED, l'Institut national des études démographiques, je les dévore aussi!».
Soutenue finalement par les «éléphants du PS», partisane d’une «VIe République», Ségolène Royal se dépense beaucoup sur le Web. Son équipe se livre à une véritable guerre numérique contre celle de Nicolas Sarkozy, à coups de débat participatif avec les internautes et de vidéos à gogo.
«En tant que mère, je veux, pour tous les enfants qui naissent et qui grandissent en France, ce que j'ai voulu pour mes propres enfants», déclare celle qui est souvent décrite comme autoritaire. L’image d’une Ségolène-mère, qui
s'adresse au peuple, aux citoyens, qui vibre avec eux, est désormais bien installée.
Et vous, que pensez-vous de Ségolène Royal?
Alice Antheaume
Parti: PS
Age: 54 ans
Née le: 22 septembre 1953
à
Dakar (Sénégal)
Etat civil: Quatre enfants et un compagnon, François Hollande, premier secrétaire du PS
CV: Après des études de droit et sciences politiques, elle fait l'ENA, puis siège à de multiples fonctions politiques: conseillère à l'Elysée sous François Mitterrand, élue députée dans les Deux-Sèvres en 1988 et constamment réélue depuis, ministre de l'Environnement en 1992-93 sous Pierre Bérégovoy, ministre déléguée à l'Enseignement scolaire puis à la Famille et à l'Enfance au gouvernement Jospin, à partir de 1997. En 2004, elle devient présidente de la région Poitou-Charentes.
Site web: www.desirsdavenir.org
La phrase qui tue: «Ma star à moi, c'est vous !»
Son plus dans la campagne: son sourire «Email diamant», atout de charme
Son moins dans la campagne: son sourire «Email diamant», trop souvent dégainé, un poil carnassier, finit par agacer
Sa cote à j-10: 24%