Ségolène Royal a imprimé une marque très personnelle à la dernière phase de sa campagne, jeudi soir devant quelque 8.000 personnes à Marseille, prononçant un discours où elle a revendiqué pleinement le thème de l'identité nationale pour terminer par un éloge de La Marseillaise.
Ségolène Royal a imprimé une marque très personnelle à la dernière phase de sa campagne, jeudi soir devant quelque 8.000 personnes à Marseille, prononçant un discours où elle a revendiqué pleinement le thème de l'identité nationale pour terminer par un éloge de La Marseillaise. - Boris Horvat AFP

«L'identité nationale n'est pas le monopole de je ne sais quel courant de l'extrême droite», s’est exclamée Ségolène Royal, en meeting jeudi soir à Marseille. «L'identité nationale, c'est l'affaire de tout le peuple français», a-t-elle insisté. La preuve que la candidate socialiste a imprimé une marque très personnelle à la dernière phase de sa campagne.

Devant 8.000 personnes, pour son premier meeting de ce qu'elle appelle «la dernière ligne droite», la candidate PS à la présidentielle, a tenu parole, reprenant sa «liberté» comme elle l'avait annoncé haut et fort il y a juste une semaine.

«Je ne voudrais pas que le 22 avril ressemble au 21 avril»

Dominée par les innombrables affichettes («Demain ne se fera pas sans toi»), non du PS mais des «ségolénistes» de «Désirs d'avenir» et de la
«Ségosphère», le public était au diapason.

En présence des ténors régionaux - Michel Vauzelle, président du Conseil régional, Jean-Noël Guérini, président du Conseil général, son directeur de campagne Jean-Louis Bianco mais aussi Edmonde Charles-Roux, la veuve de Gaston Defferre -, Ségolène Royal a commencé son propos «avec gravité».
    
«Je ne voudrais pas que le 22 avril ressemble au 21 avril», a-t-elle déclaré, appelant ses partisans à aller «convaincre» les électeurs hésitants ou désabusés. «Le moment est fortement symbolique, (dans un mois) jour pour jour du 22 mars au 22 avril, la France va choisir son destin (...) L'heure de la vérité va bientôt sonner».

«Le chant de la lutte contre toutes les forces de la tyrannie»

Elle est passée à la fin de son discours, prononcé sans notes, aux travaux pratiques. Dans une envolée qui rappelait irrésistiblement le style choisi pendant la campagne primaire interne au PS, elle a exalté l'hymne national, «le chant de toutes les libertés».

«La Marseillaise», s'est écriée Ségolène Royale, «c'est le chant de la lutte contre toutes les forces de la tyrannie, c'est le chant du peuple qui s'est levé contre toute les forces de l'Ancien Régime». Et de convier la salle à entonner l'hymne national, comme au rassemblement autour d'elle des élus locaux, dimanche. Pendant que le public chantait, la candidate socialiste, l'air solennel à la manière d'un chef d'Etat, est restée immobile sur scène.

Ne pas siffler Sarkozy

Fait inhabituel chez elle, Mme Royal s'est mêlée au public après en avoir terminé, serrant les mains de ses admirateurs. Continuant de cultiver sa différence, elle a promis de «faire la VIe République», qui ne figure pas dans le projet du PS, et d'instaurer, «à tous les échelons de responsabilité, des jurys de citoyens pour participer aux décisions publiques».

Elle a surpris encore en ordonnant aux militants de ne pas siffler ni huer son adversaire de l'UMP Nicolas Sarkozy, leur demandant de «donner l'exemple». «Pas de Ouh dans nos réunions publiques parce que les Français attendent un débat sur le fond», s'est exclamée la candidate PS, devant une salle déroutée par cette remontrance.