Un objectif de trente ans. Nicolas Sarkozy est un animal politique qui a franchi pas à pas les étapes d’une carrière l’ayant aujourd’hui propulsé en position de favori de la présidentielle. Ce fils d’aristocrate hongrois émigré en France goûte à la politique dès l'âge de 19 ans, et il a depuis connu une carrière digne d’un roman.
Précoce, il prend la mairie de Neuilly à 28 ans, au nez et à la barbe du puissant Charles Pasqua. Nicolas Sarkozy est dans le sillage de Jacques Chirac, au point d’être un intime de sa fille Claude. En 1993, tout jeune ministre du budget et porte-parole du gouvernement (à seulement 38 ans), il préfère Balladur à son ancien mentor. Nicolas Sarkozy paie très cher cette «trahison». Exilé dans sa mairie de Neuilly, il revient peu à peu en grâce en reprenant une liste de droite aux élections européennes, abandonnée par Philippe Séguin (1999).
Indispensable après la victoire de 2002, il réclame Matignon. Jacques Chirac, qui se méfie toujours, ne lui laisse que la place Beauvau, où il montre une activité forcenée et un goût certain pour les actions de communication. Chouchou des sondages et de plus en plus populaire, au sein de l’UMP, il doit faire face à la concurrence de Dominique de Villepin, poussé par Jacques Chirac. Après un passage mi-figue, mi-raisin à Bercy, il quitte le gouvernement sur injonction de Jacques Chirac. Car entre-temps, Nicolas Sarkozy a pris de haute lutte l’UMP, machine de guerre présidentielle.
De retour au ministère de l’Intérieur, il ne fait plus mystère de ses ambitions présidentielles. L’Elysée, il y pense, «et pas seulement en me rasant». Favori des sondages, il cristallise l’opposition d’une partie du pays. Malgré son abrogation de la double peine ou ses citations de Jaurès, il reste marqué par ses sorties sur les «racailles» de banlieue et les cités «à passer au Kärcher», ainsi que par son image de «premier flic de France», pas vraiment de quoi faire plaisir à l’électorat de gauche. Ses récentes sorties sur «
la France éternelle», celle «des croisades et des cathédrales», le prouvent: Nicolas Sarkozy entend gagner l’élection à droite, une première dans l’histoire des élections présidentielles.
Selon vous, Nicolas Sarkozy a-t-il les capacités et le sang-froid pour devenir président de la République?
Pierre Koetschet et Stéphane Alliès
Parti: UMP
Age: 52 ans
Né le: 28 janvier 1958 à Paris (XVIIe)
Etat civil: Marié et père de trois enfants.
CV: Avocat; maire de Neuilly (1983-2002); député des Hauts-de-Seine (88-93, 95-2002, 2005); ministre du Budget et porte-parole du gouvernement (1993-95); ministre de l'Intérieur, de la Sécurité intérieure et des Libertés locales (2002-04 et 2005-2007); ministre d'Etat, ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie (2004); président du Conseil général des Hauts-de-Seine (depuis 2004); président de l'UMP (Union pour la majorité présidentielle devenue Union pour un mouvement populaire) (depuis 2004).
Site web: http://www.sarkozy.fr
La phrase qui tue: «Je continuerai à parler de l'identité nationale parce que je ne veux pas laisser le monopole de la nation à l'extrême droite.»
Son plus dans la campagne: Il domine tous les sondages.
Son moins dans la campagne: Seulement 29% des Français souhaitent sa victoire.
Sa cote à J-10: 1/3