Urne sur la votation citoyenne présentée par le Parti de Gauche à propos du référendum révocatoire
Urne sur la votation citoyenne présentée par le Parti de Gauche à propos du référendum révocatoire - DR

A mi-mandat, François Hollande est au plus bas dans les sondages. Après trois défaites électorales, certains se posent la question de sa légitimité. C'est le cas du Parti de Gauche qui lance jeudi 23 octobre sa campagne sur le référendum révocatoire de mi-mandat. Du 8 au 11 novembre prochain, le parti proposera une «votation citoyenne sur le droit de révoquer les élu-e-s». Ceux qui le souhaitent pourront tenir une urne en la commandant sur le site du parti. Raquel Garrido, secrétaire nationale du PG, souhaite que cette action symbolique «génère le débat».

Raquel Garrido, secrétaire nationale du PG. - Hugo Passarell

Pourquoi un référendum révocatoire?

Le contexte montre la nécessité d’un retour aux urnes. Dans d’autres pays, le peuple a le droit de révoquer les élus. Au Venezuela par exemple, mais aussi dans certains états américains grâce au recall. Ce principe de rappel des élus a été inventé à la Révolution française. Par ailleurs, en 2006 dans Devoirs de vérité, François Hollande était favorable à un exercice de vérification démocratique. Tous les élus devraient pouvoir être révocables. Exemple: le maintien de Thomas Thévenoud comme député pose problème, mais qu’il n’y a aucun moyen légal d'y remédier.

Comment cela s’organiserait-il?

A mi-mandat, si un pourcentage des inscrits le demande (5 à 10%), les citoyens pourront provoquer un référendum révocatoire pour tous les élus, du président de la République au conseiller municipal. Il serait demandé à tous les électeurs si oui ou non l’élu doit être révoqué. Si une majorité de personnes est favorable et que ce nombre représente plus d’électeurs que ceux qui ont voté pour l’élu concerné, alors on refait une élection.

Cela ne risque-t-il pas de créer une instabilité politique?

Nous sommes déjà dans une situation instable. Sur les 46 millions d’inscrits sur les listes électorales, seuls 19 millions sont allés voter aux Européennes. Cette absence de représentativité des élus rend la situation instable. La Ve République est un régime oligarchique. La révocation est une solution pacifique pour résoudre un différent qui peut naître entre le peuple et ses représentants. La révocation aurait un caractère punitif, mais un tel système a une vertu préventive. Cette épée de Damoclès entre les mains du peuple changera les comportements des hommes politiques, les incitant à faire des campagnes plus honnêtes et sérieuses qu’aujourd’hui

Cette révocation pourrait pousser les élus à ne prendre que des mesures à l'efficacité instantanée...

Le délai de mi-mandat laisse un peu de marge. Par ailleurs, si ces mesures demandent un temps plus long, comme la planification écologique ou la sortie du nucléaire, ce serait indiqué dans le programme. «Tel objectif dans deux, cinq, dix ans»…

Reste les difficultés techniques et les coûts… Faudrait-il changer la Constitution?

La démocratie a un coût. Mais en France, on a une grande culture de l’élection, grâce notamment à l’action de nombreux bénévoles. Ce droit de révoquer les élus est une mesure phare de ce que pourrait être une VIe République, plus démocratique. Les détails plus techniques devront être traités par une Assemblée Constituante pour trouver un juste équilibre entre la nécessité de gouverner de façon pérenne et le contrôle par la démocratie directe.

Mots-clés :

  • Aucun mot-clé