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Dimanche 18 mars, J-35
La «VIe république»… Ségolène Royal a prononcé la formule sacrée aujourd’hui devant plus de 4 000 élus réunis Porte de Versailles, à Paris. Selon elle, la réforme des institutions proposée dans son programme serait l’acte fondateur d’une nouvelle République, «la VIe République», un concept cher à l’un de ses porte-parole, Arnaud Montebourg.
Pour trouver des concepts chocs, Nicolas Sarkozy n’est pas en reste. Lors d'un meeting aujourd’hui devant près de 10 000 jeunes au Zénith à Paris, il a prévu, s’il était élu, «un grand plan Marshall de la formation pour tous les jeunes» des quartiers. C’est-à-dire une «politique de discrimination positive à la française, fondée non pas sur des critères ethniques qui nourriraient le communautarisme, mais sur des critères économiques et sociaux».
François Bayrou riposte aux attaques de Simone Veil (qui avait déclaré vendredi au journal «Le Parisien» que Bayrou était «une imposture»): «quelquefois, les gens ne ressemblent pas à leur légende», a déclaré le candidat UDF à l’élection présidentielle sur France Inter ce matin. «J'avais une autre idée de Simone Veil (…) C'est pour moi une tristesse, mais une tristesse encore plus pour elle qu'elle se retrouve où elle se retrouve (en soutien de Nicolas Sarkozy, ndlr)».
Samedi 17 mars, J-36
Après DSK vendredi, c'est un autre éléphant de poids qui a fait son entrée samedi dans la campagne socialiste. A Lens, l'ancien Premier ministre Lionelcri Jospin a critiqué la proposition de Nicolas Sarkozy de créer «un ministère de l'immigration et de l'identité nationale», y voyant «une aspiration presque totalitaire, despotique» chez le candidat UMP. L'ex-Premier ministre s'en est pris à la conception de M. Sarkozy qui témoigne selon lui d'«une vision étroite, mesquine et antagoniste de l'identité nationale» mais aussi d'«une absence d'honnêteté intellectuelle».Pourquoi voter pour Bayrou?, demandent Sud-Ouest et ses lecteurs au candidat centriste : «Les gens disent : “Quelqu'un nous propose un changement paisible. On va le choisir.” On ne va pas retrouver les éléphants d'un côté et les mammouths de l'autre. Ceux qui votent pour moi sont ceux qui en ont par-dessus la tête de la guerre du PS et de l'UMP. Ils veulent quelqu'un qui ne ressemble pas au moule : un provincial avec une expérience de la vie différente, qui a été obligé de travailler de ses mains, qui aime l'histoire de France, ce qui est un point commun avec d'autres présidents de la République...»
Interrogé lui aussi par le quotidien régional, le sénateur socialiste Jean-Luc Mélenchon est particulièrement pessimiste: il craint que le premier tour de l'élection présidentielle soit "un double 21 avril" excluant à la fois les candidats des partis traditionnels de droite et de gauche. Donc un 2e tour Bayrou – Le Pen ? «Hélas! On dit souvent que Bayrou peut éliminer Royal du second tour, on ne dit pas assez souvent qu'il prend aussi beaucoup à droite».
En parlant de Le Pen et de Bayrou… Le premier a vu samedi dans la place du second dans les sondages le résultat d'une «connivence sondageo-médiatique» dirigée contre sa propre candidature à la présidentielle. Le président du Front national a exprimé sa «conviction profonde que le classement de M. Bayrou à la troisième place dans les sondages est le fruit d'une connivence sondageo-médiatique». «Ce n'est pas l'effet du hasard. On ne passe pas en un mois de 6% à 23%», a-t-il insisté. Taper sur le système et les médias ont toujours bien réussi à ces deux prétendants.
En parlant de médias… Les chaînes de télévision et les radios ont fait des efforts pour réduire la bipolarisation excessive dans leur traitement de la campagne électorale, note le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) dans un communiqué publié samedi.
Simone Veil distribue bons et mauvais points: Sarkozy (voir ci-dessous) et Bayrou, «le pire de tous».
Vendredi 16 mars, J-37
Simone Veil contre Sarkozy. La «promotion Simone Veil» de l’IEP de Lille interpelle sa «marraine»: sur le projet de fichier «Eloi» du ministre de l’Intérieur qui collecte «des données sur les étrangers illégaux, mais aussi sur les personnes qui les hébergent et qui leur rendent visite dans les centres de rétention».
Les sans grades pour Bayrou. «Un millier d'adhérents du Parti radical, des sans grades, militants et présidents de fédérations» demandent à leur président Jean-Louis Borloo de soutenir François Bayrou. Ce qui n'est pourtant pas dans les intentions du ministre de la Cohésion sociale.
Fin du suspense haletant des parrainages. Résultat des courses: Besancenot et Nihous y seront, pas Dupont-Aignan, Miguet, France Gamerre ni Rachid Nekkaz. Pour José Bové, il faudra attendre la photo-finish du conseil constit’.
Pour gagner l’élection, il faudrait donc être rebelle. Ségolène Royal reprend une méthode qui lui a réussi lors de la primaire interne au PS: «Je reprends toute ma liberté». Jeudi soir, sur le plateau d’«A vous de juger», elle a enfoncé le clou et le PS: «C'est ce que les Français veulent : une élection présidentielle, c'est un lien direct avec le peuple. C'est la nature même de l'élection, il m'appartient d'être libre.» «Libre», un grand succès en librairie de Nicolas Sarkozy…
Le Pen soutient Bové. Le président du FN a souhaité sur RTL que le candidat altermondialiste puisse être en lice le 22 avril. «C'est une des personnalités pittoresques du paysage politique français. Il nous manquerait.» Il peut peut-être lui donner quelques parrainages qu’il aurait en rab’.
Il y aura de la salade nicoise au menu, au QG de Nicolas Sarkozy. Greenpeace a annoncé avoir déversé huit tonnes de maïs transgénique rue d'Enghien. «En livrant du maïs transgénique à Nicolas Sarkozy, nous lui disons: 'Vous refusez de prendre position pour un moratoire sur les OGM en plein champ? C'est donc que vous voulez du maïs transgénique. Eh bien, en voilà!», explique Arnaud Poteker, le responsable de la campagne OGM de Greenpeace en France.
Michel Onfray n’aime pas «la sauce béarnaise»: «Bayrou est un Sarko mou. Autrement dit, un libéral de droite que seul le style sépare du Ministre de l’intérieur: l’un se veut loup, l’autre furète en renard».
Maintenant qu’elle a ses parrainages, Dominique Voynet veut des sous. Elle quête sur Dailymotion:
Les responsables politiques ont raison, c’est ce qui ressort du politoscope réalisé par Opinionway selon une méthode nouvelle: l’échantillon a été interrogé online à partir d’extraits vidéos. 65% des sondés approuvent la déclaration de Nicolas Sarkozy sur l’identité nationale. 58% pensent que Ségolène Royal a raison de dire que «les dirigeants du parti n’ont pas suffisamment fait bloc» autour d’elle, et enfin 56% des sondés est d’accord avec François Bayrou qui considère disposer d’une des «meilleures équipes de France.» Et dire que Zidane a pris sa retraite.
Jeudi 15 mars, J-38
Plus de suspense, Olivier Besancenot les a: 530 parrainages à moins de 24 heures de l’heure limite. Rayonnant, le postier peut enfin parler du fond: «le grand thème de ma campagne sera celui du partage des richesses.»
Le FN est fier de ses banderoles et les montre. Là, elles ne se feront sûrement pas arracher.
Bataille de soutiens entre Bové et Buffet. Tout le monde se met d’accord pour trouver la coupable idéale: Ségolène Royal, accusée de siphonner l’extrême gauche: «En brouillant les repères, une part de l'électorat PS se tourne vers Bayrou, et une part de l'électorat de gauche vient donc au secours de Royal», explique Patrick Cohen-Seat, proche de Marie-George Buffet. La stratégie électorale commence à devenir très compliquée.
Eric Besson a visiblement des comptes à régler avec Ségolène Royal. Dans un ouvrage à paraître le 20 mars, il frappe dur: «je pense en conscience que Ségolène Royal ne doit pas devenir présidente de la République. Je ne le souhaite pas pour mon pays. Je le redoute pour mes enfants.»
Les pandores s’invitent dans la campagne. Pas contents, les gendarmes. Ils envisagent une action nationale le 26 mars. De quoi faire frémir le ministre responsable : un certain Nicolas Sarkozy. Le précédent mouvement de grogne avait coûté cher à Lionel Jospin, contraint de lâcher du lest à quelques mois de l’élection présidentielle de 2002.
Au tour des sarkozystes de taper sur Bayrou. Aujourd’hui, c’est Henri Guaino, ancien commissaire général au Plan et plume du candidat UMP. Entre autres amabilités: «sa popularité est d'abord le fruit d'une posture» et «c'est un pur produit du système des partis.»
Vendre des candidats comme des yaourts, un rêve de publicitaire, sans doute. Le site www.candidatyaourt.com pousse l’analogie au paroxysme: associez les candidats à un type de yaourt et découvrez les résultats du vote demain.
Ça commence à se déchirer sérieux dans la blogosphère socialiste, au sujet de François Bayrou et du ralliement de certains. Ainsi, le courant Montebourg publie sur son blog un billet au titre évocateur : «Socialiste "de gauche" en pleine perditude»
Et Jean Peyrelevade fait monter la pression, ce matin sur RTL. Ancien président du Crédit Lyonnais et partisan de François Bayrou, il estime que «les sociaux-démocrates sont orphelins au PS» et «pense qu'on aura quelques déclarations explicites individuelles avant le premier tour».
La mort de Lucie Aubrac n'a pas laissée insensible la porte-parole de Ségolène Royal, Najat Vallaud-Belkacem première des blogoticiens à réagir.
C'est toujours un plaisir d'entendre Jean-François Probst parler avec gouaille de la droite. Dans cette vidéo de Marianne, les prémonitions de l'ancien communicant et proche de Jacques Chirac au sujet du soutien du président à Nicolas Sarkozy.
CHICHe fait du Jospin. Notre blogueuse communiste préférée avait annoncé qu'elle fermait son blog. En fait elle «ne quitte pas le navire».
La presse anglaise est sceptique quant au discours de Nicolas Sarkozy sur les parrainnages.
Le Figaro convoque deux phares de la pensée de gauche (?), pour parler identité nationale...
Hier, c'était son entourage qui l'affirmait, aujourd'hui Dominique Voynet le clame haut et fort sur son blog et en vidéo; elle a ses signatures, et pas qu'un peu...
Mercredi 14 mars, J-39
C'était pas la peine de s'inquiéter. Dominique Voynet, candidate des Verts à l'élection présidentielle, dispose de «près de 600 parrainages», soit largement plus que le nombre requis pour valider sa candidature. C'est ce qu'a annoncé son entourage mercredi soir.
Mardi 13 mars, J-40
Denis Robert ministre de la Justice financière et de l’enrichissement du pays? Arte radio y croit, et propose «l’autre gouvernement». Avec entre autre François Bégaudeau en ministre de la Démocratie il serait temps, Aminata Traoré, Noël Godin…
Jean-Pierre Chevènement cède à la mode à gauche et tape sur Bayrou: «Il me semble qu'il n'y a pas "photo" entre Ségolène Royal, seule candidate du changement et François Bayrou, éternel faux nez de la droite.»
Dany Cohn-Bendit fait dans la nuance dans «La Croix»: «François Bayrou défend un programme libéral-social, Ségolène Royal porte un programme social-libéral.» Admiratif, le député européen vert souhaite un rapprochement Royal-Bayrou après le premier tour, et voit le candidat UDF en athlète: «le candidat UDF est en mouvement. Il a soulevé le poids, mais on ne sait pas dans quelle position il va le jeter. Et l'intérêt de la gauche est de l'attirer dans sa direction.»
«Bayrou est de droite. C'est comme un renard qui met les plumes du coq pour rentrer dans le poulailler. C'est une grosse imposture.» Le jugement est d’un partisan de Ségolène Royal qui a eu l’honneur de prendre le RER avec le candidat UDF.
Toujours motivé, le chanteur Magyd Cherfi, ex-membre de Zebda lance dès jeudi des débats participatifs et citoyens sur Second Life. Le chanteur s’est créé un espace très cosy: « il comporte une salle de concert ouverte à tous, un bar associatif, des paillotes destinées à accueillir des associations citoyennes, des stands offrant divers objets (tee-shirts, affiches, banderoles tricolores etc.) et des bungalows pour bientôt abriter les sans-abri de Second Life.»
Thomas Hollande ne se voit pas en Claude Chirac. Après la campagne, il retournera à la fac: «je ne veux pas faire de la politique. Je veux être prof de droit. J’ai envie de faire mes traces par moi-même et pas me dire que je dois ma réussite professionnelle à ma filiation.»
Un grand classique en période électorale : le petit programme informatique pour trouver le candidat le plus proche de vos idées. Si vous ne savez pas pour qui voter, allez donc faire un tour sur le polimètre.
De qui ce rapprochement osé? «Il me semble qu'il faut que, dans le moment démocratique que nous vivons, nous ayons des références. Pour ma part, j'en ai deux. Pierre Mendès France est l'une d'entre elles et Charles de Gaulle est la seconde.» C’est évidemment François Bayrou qui tente d’associer deux hommes qui n’ont cessé de se combattre.
Ce n’est plus une vague, c’est un raz-de-marée : après Corinne Lepage, c’est le très libéral Edouard Fillias qui renonce et soutient Bayrou, «car c'est le candidat qui propose de changer le système et une autre façon de faire de la politique.» A qui le tour? Nicolas Dupont-Aignan?
Ségolène Royal fait dans le people. Ils étaient tous là au Gymnase Japy lundi soir, Jeanne Moreau en tête.
Jean-Louis Borloo fait durer le suspens... Le ministre de la Cohésion sociale a fait savoir au JT de France 2 lundi soir qu'il soutiendra Nicolas Sarkozy si ce dernier accepte d'appliquer son programme de gouvernement, détaillé dans son livre «L'architecte et l'horloger» (Ed. du Moment) à paraître aujourd'hui.
Lundi 12 mars, J-41:
Kärcher veut nettoyer son image. La société lance une campagne de pub dans la presse quotidienne nationale, pour redorer son blason entaché par les déclarations de Nicolas Sarkozy.
Rachid Nekkaz a privé le FN d'un parrainage. Le président du club Allez la France et candidat à la présidentielle a sa méthode: surénchérir sur l'offre faite par le maire André Garrec.