REVUE DE PRESSE - La renonciation de Jacques Chirac à briguer un troisième mandat fait la Une de la quasi-totalité de la presse nationale lundi…
«Chirac salue la France magnifique» titre
Le Figaro rappelant que «le chef de l'Etat renonce à un troisième mandat et fera connaître ultérieurement son choix pour la présidentielle». Pour
l’éditorialiste Alexis Brézet, «Jacques Chirac est arrivé sous les bravos, il s'en ira plus populaire qu'il ne l'a longtemps été. (…) Entre les deux bornes du règne, court la ligne brisée d'un principat riche en défaites éclatantes, en revanches inespérées et en espoirs déçus qui, entre lui et ses partisans, aura creusé un grand malentendu. Au fond, la droite n'était pas son genre.»
Libération dresse pour sa part un bilan des deux mandats de Jacques Chirac sous le titre «Putain, douze ans !». Dans un édito acéré, Laurent Joffrin dénonce «
un nain de l’action, sabreur de l’immobilisme» : «Jacques Chirac a été un Don Juan de la politique. Il a passé sa vie à conquérir les plus hauts postes. Mais, une fois la proie saisie, il n'a su qu'en faire. Il a séduit la France mais ne l'a pas rendue heureuse. Il fut l'homme pressé qui ne sait pas jouir de l'instant, talonné par une fin qu'il sent se rapprocher même du plus loin de l'horizon. Politique hors du commun, il fut un géant de l'élection et un nain de l'action. (…) Il restera pour des gestes et non pour des lois. Son refus de pactiser avec le Front national, sa reconnaissance des crimes de Vichy, son soutien à Simone Veil faisant voter la légalisation de l'interruption de grossesse, son horreur visible de la peine de mort, sa simplicité avec les humbles, son respect des civilisations longtemps méprisées, sa gentillesse privée et sa sollicitude amicale.»
L’Humanité est également sévère : «Le bilan de Chirac sans fleurs ni couronnes» annonce le quotidien qui affirme qu' «après douze ans à la tête de l'Etat, il a affaibli l'action publique et fait entrer la France dans l'ultralibéralisme». L’éditorialiste Pierre Laurent revient sur le couple politique Chirac-Sarkozy : «L'un et l'autre, continuent d'ailleurs de faire valoir leurs différences, et continueront de le faire jusqu'au 22 avril, précisément pour échapper à la sanction des Français : sanction d'estime pour le premier, qui se retire ; sanction électorale pour le second, qui cherche à se présenter en homme sans passé. Mais de trahisons en tromperies, voilà les racines de la crise politique actuelle dans laquelle ils portent tous les deux une très grave responsabilité.»
François Ernenwein, pour
La Croix, juge que «Jacques Chirac aurait donc pu sortir d'Europe la tête haute, s'il n'avait pas gâché la ratification du traité constitutionnel en France par un trop-plein d'assurance, mâtiné d'une molle indifférence. Même s'il en est aujourd'hui désolé, Jacques Chirac porte sa part de responsabilité dans la crise institutionnelle européenne. Sur ce plan, le sommet réussi de vendredi ne pouvait pas y changer grand-chose.»