Sénatoriales 2014: Le FN espère bien faire élire ses deux premiers sénateurs dimanche

PARLEMENT Stéphane Ravier qui a gagné la plus importante mairie de secteur de Marseille se verrait bien sénateur...

M.B. avec AFP

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Stéphane Ravier, tête de liste aux sénatoriales pour le Front national.

Stéphane Ravier, tête de liste aux sénatoriales pour le Front national. — P.MAGNIEN / 20 MINUTES

«Pour la première fois dans l'histoire de la Ve République, nous avons l'occasion de faire entrer des élus patriotes au Sénat». Ainsi s'exprimait Marine Le Pen au début du mois. Alors que la Haute Assemblée renouvelle la moitié de ses effectifs dimanche, c'est en Provence-Alpes-Côte d'Azur (Paca) où il a remporté ses plus grands succès aux municipales en gagnant cinq villes et une mairie de secteur à Marseille, que le Front national pourrait faire élire les deux premiers sénateurs frontistes de l'Histoire à la Haute Assemblée.

Profiter des retombées

Dans le Var, la liste «Bleu marine pour nos villes» est conduite par David Rachline qui a enlevé en mars la ville de Fréjus, la plus importante des municipalités frontistes. Le parti de Marine Le Pen mène campagne tous azimuts auprès des élus, «qu'ils soient dans la majorité comme de l'opposition», déclare Frédéric Boccaletti, secrétaire départemental du FN. Selon lui, sa formation devrait aussi profiter aux sénatoriales des retombées des «très gros résultats des européennes».

Selon le FN, de nombreux élus divers droite, sans étiquette, de petites communes rurales sont sensibles aux thèmes de campagne frontistes sur la casse du service public et la désertification rurale. Mais aucun n'affiche de soutien officiel «de peur de représailles», avance un responsable qui juge «plausible» une victoire du parti frontiste au détriment de l'UMP. «Nous avons 215 grands électeurs et conseillers municipaux FN, et 315 à 320 (grands électeurs) nous sont acquis pour avoir un siège» sur les quatre renouvelables (3 UMP, 1 PS) dans le Var, assure-t-il.

«La droite radicalise son discours»

A droite, le sénateur-maire sortant, Hubert Falco conduit la liste UMP et la gauche part divisée avec une liste PS et une écologiste. «Ca va être compliqué de garder le siège, les élus vont devoir choisir entre le FN en embuscade, la gauche divisée et la droite qui radicalise son discours», craint un responsable PS.

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Dans les Bouches-du-Rhône, Stéphane Ravier, qui a gagné la plus importante mairie de secteur de Marseille avec 150.000 habitants en mars, conduit l'une des huit listes qui s'affrontent pour élire huit sénateurs. Actuellement, les sièges de sénateurs sont occupés par trois UMP, trois PS, un PCF et par Jean-Noël Guérini, président du Conseil général et ex-PS.

Avec 310 voix qu'il considère comme acquises sur un peu plus de 400 nécessaires pour avoir un siège, Stéphane Ravier a peu de voix à aller chercher «mais a peu de petites communes rurales peu politisées» dans ce département urbanisé, selon un cadre FN. Peu connu dans le département, le Marseillais Stéphane Ravier a battu la campagne, visitant «50 communes sur les 119» des Bouches-du-Rhône où les maires lui ont réservé un accueil «républicain», explique-t-il. Et s'il ne peut citer nommément ses partisans, «on sent un vrai soutien dans leur poignée de main, leur regard, leur sourire», assure-t-il en ajoutant: «quelques-uns font partie des 40% qui ont voté pour nous» aux municipales.

«Le vrai risque c'est que le FN ait un sénateur et que le PS n'en ait pas»

Comme Jean-Noël Guérini qui a démissionné du PS et mène une liste concurrente à celle de son ancien parti, Stéphane Ravier fait campagne contre l'instauration de la métropole Aix-Marseille, qui doit être mise en place en 2016 mais provoque l'ire d'une centaine de maires. «La métropole, que soutient Jean-Claude Gaudin, fait l'unanimité contre elle», se réjouit Stéphane Ravier espérant grignoter des voix à la liste du sénateur-maire UMP de Marseille.

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Jean-Noël Guérini, qui a présenté début septembre «une liste d'ouverture et de rassemblement», s'attend à un résultat «très honorable» et Jean-Claude Gaudin table quant à lui sur un gain de deux sièges, soit cinq sur huit.

Le siège de la sénatrice PS Samia Ghali, qui affronte en outre à gauche une liste PCF et une liste EELV, semble le plus menacé. «L'échéance des sénatoriales va être une échéance difficile pour nous», reconnaît le patron de la fédération PS dans le département, Jean-David Ciot. Il s'inquiète notamment de voir des grands électeurs de droite voter FN: «Le vrai risque, pour tous les républicains que nous sommes, c'est que le FN ait un sénateur et que le PS n'en ait pas».