Manuel Valls en clôture de l'université d'été du Parti socialiste.
Manuel Valls en clôture de l'université d'été du Parti socialiste. - JEAN-PIERRE MULLER / AFP

Un retour qui, parole de socialiste, va faire les affaires d’une majorité déboussolée. Alors que François Hollande est confronté à une impopularité record sur fond de chômage astronomique, d’une économie dans le rouge et de polémiques sur sa vie privée, l’annonce ce vendredi par Nicolas Sarkozy de son intention de briguer la présidence de l’UMP à l’automne, constitue pour le chef de l’Etat, l’une des rares premières bonnes nouvelles d'une rentrée calamiteuse.

«Ce n’est pas une menace. Ça va encourager la gauche à se ressouder», estime Gérard Bapt, député PS de Haute-Garonne. Le «tout sauf Sarkozy» qui avait si bien marché en 2012 pourrait bien refaire surface.

Sarkozy reste clivant

«Le retour de l’ancien président peut faire remonter Hollande dans les sondages. Si Nicolas Sarkozy a conservé la faveur des militants UMP, il reste peu apprécié de l’ensemble des Français. Sa personnalité est toujours jugée trop clivante. Nicolas Sarkozy serait le meilleur opposant pour François Hollande car il permettrait de ressouder une partie de la gauche derrière lui», abonde le sondeur et président de l’institut Polling Vox, Jérôme Sainte-Marie.

D’autant que depuis le départ de Jean-François Copé de la tête de l’UMP, suite à l’affaire Bygmalion, l’opposition n’a pas de chef clairement identifié. «Or François Hollande est jugé actuellement pour lui-même et non pas en comparaison de», analyse Jérôme Sainte-Marie.

«Le retour de Nicolas Sarkozy, nous l'accueillons comme la capacité de recentrer le vrai débat dans ce pays. Le vrai débat n'est pas entre les socialistes et les socialistes, il est évidemment entre la majorité et l'opposition», souligne, de son côté, Jean-Jacques Urvoas, député PS, président de la Commission des lois de l'Assemblée nationale.

Les frondeurs en sourdine?

Pour Gérard Bapt, le retour de Nicolas Sarkozy et sa probable élection en novembre à la tête de l’UMP devrait mettre en sourdine les critiques au sein de la majorité à l’égard de la politique du gouvernement Valls :«On ne pourra pas dire que c’est la même que celle de l’UMP». A voir. Le député frondeur Jean-Marc Germain refuse déjà «que le retour de Sarkozy, qui est une bonne chose car l’opposition va retrouver une voix, nous empêche de débattre avec le gouvernement».

Le président PS de l'Assemblée nationale Claude Bartolone a rappelé ce jeudi sur i>Télé que la politique menée par Nicolas Sarkozy entre 2007-2012 c’était «le bouclier fiscal, les cadeaux aux plus riches, le fractionnement de la société française». Mais il reconnaît que l’antisarkozysme seul ne suffira pas à rendre la majorité plus populaire dans l’opinion: «Je crois que les Français attendent plus, notamment de la gauche», indique Claude Bartolone.

Surtout Nicolas Sarkozy serait décidé une nouvelle fois à brouiller les cartes pour faire oublier la campagne présidentielle très droitière qu’il avait menée en 2012. «Les gens ne se reconnaissent pas dans les clivages droite-gauche, européen-souverainiste, libéral-dirigiste, parlementaire-présidentiel. Il faut tout renverser, tout changer, tout révolutionner», aurait-il dit récemment selon Le Point. Les Français qui jusqu’ici n’approuvent pas le retour de l’ancien président de la République seront-ils sensibles au «nouveau» visage de Nicolas Sarkozy?

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