Najat Vallaud-Belkacem sortant de l'Elysée, le 20 août 2014.
Najat Vallaud-Belkacem sortant de l'Elysée, le 20 août 2014. - NIVIERE/SIPA

«Moi, président de la République, je constituerai un gouvernement qui sera paritaire, autant de femmes que d’hommes.» C’était l’un de ses engagements de campagne: pour ce nouveau gouvernement, François Hollande tient sa promesse avec une équipe ministérielle qui comporte autant de femmes que d’hommes aux postes de ministres de plein exercice. Cerise sur le gâteau, deux femmes obtiennent une belle promotion. Mais les féministes ne sont pas ravies pour autant.

Deux femmes promues

A 36 ans, Najat Vallaud-Belkacem est la grande promue de ce nouveau gouvernement. Nommée ministre de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, elle est la toute première femme à occuper ce poste et succède à Benoît Hamon. La jeune ministre, née au Maroc et diplômée de Sciences Po, devient le numéro trois du gouvernement.

Fleur Pellerin prend, elle aussi du galon en remplaçant Aurélie Filippetti à la Culture. D’abord nommée ministre déléguée aux PME et à l’Économie numérique dans le gouvernement Ayrault, elle a occupé ensuite les fonctions de secrétaire d’État chargée du Commerce extérieur, du Développement du tourisme et des Français de l’étranger dans le gouvernement Valls I. L’énarque, qui fêtera ses 41 ans ce vendredi, obtient pour la première fois un ministère de plein exercice.

Le droit des femmes rétrogradé

Le déménagement de Najat Vallaud-Belkacem rue de Grenelle ne fait pas que des heureuses. Si la nouvelle numéro trois du gouvernement est un modèle d’ascension, sa promotion a des conséquences qui ne ravissent pas les féministes. Avec le remaniement, c’est Marisol Touraine qui conserve son ministère des Affaires sociales de la Santé et «récupère» les Droits des femmes.

En filigrane, cela signifie surtout que les Droits des femmes ne constituent plus un ministère de plein exercice. François Hollande, qui avait promis durant sa campagne qu’il restaurerait ce ministère, en avait confié en 2012 les rênes à Najat Vallaud-Belkacem, qui l’avait conservé à travers les remaniements successifs.

 

La colère des féministes

 

Une situation que redoutaient les féministes. Dans les rangs de l’association Osez le féminisme, l’heure est à la consternation et à la colère. «Ce ministère était une des revendications phares des associations féministes, un outil essentiel pour permettre plus d’égalité entre les femmes et les hommes. Le rétrograder au rang de secrétariat d’Etat est un signal politique extrêmement négatif et restrictif», estime l’association pour qui l’exécutif considère que «les droits des femmes sont subalternes alors même qu’elles représentent plus de 50% de la population et qu’il existe encore et toujours des discriminations fortes qui doivent être combattues».

 

Un avis partagé par la députée PCF et ancienne ministre Marie-George Buffet: «Les féministes savent depuis longtemps que les femmes et leur égalité font souvent les frais des glissements politiques à droite des gouvernements en place. (…)  On replace les femmes à l’endroit où les stigmates du patriarcat ont toujours voulu les confiner: dans le 'social'.»

Sans compter que comme dans le gouvernement précédent, un seul ministère régalien est occupé par une femme, Christiane Taubira, maintenue à son poste de garde des Sceaux...

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