Un rassemble de la Ligue de Défense Juive à Paris.
Un rassemble de la Ligue de Défense Juive à Paris. - SIPA PRESS

Elle est dans le collimateur des autorités. Le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, a condamné mercredi, pour la première fois, des «actes répréhensibles» commis par des membres de la Ligue de défense juive (LDJ) le 13 juillet aux abords de la synagogue de la rue de la Roquette dans le 11ème arrondissement.

Ce jour-là, certains des membres de ce mouvement et des militants propalestiniens s’étaient opposés, en marge de la manifestation de solidarité avec Gaza.

«Nous serons intraitables»

«Il y a eu des provocations et des actes condamnables le 13 juillet de la part de la LDJ. Mais il y en a eu aussi bien avant cette date. C’est un groupe que nous surveillons de près et depuis longtemps», explique l’entourage du ministre de l’Intérieur à 20 Minutes.

Alors que samedi un nouveau rassemblement propalestinien pourrait se tenir à Paris, place de la République, malgré l’interdiction, une proche du ministre déclare: «Nous serons intraitables avec la LDJ comme avec les autres fauteurs de troubles en cas d’incidents». De son côté, la LDJ a d’ores et déjà déclaré que des membres seront «dans les synagogues proches du lieu du rassemblement».

LDJ: Qui sont-ils?

La LDJ est émanation de la Jewish Defense League, qualifiée de «groupe terroriste» par le FBI et interdite aux Etats-Unis et en Israël. En France, l’organisation s’est formée en 2001 sous le nom de «Liberté démocratie et judaïsme». Puis en 2003, elle s’est auto- dissoute mais a tout de même continué d’exister.

Si La LDJ compte selon elle 250-300 membres en région Ile-de-France, le ministère évoque de son côté plusieurs dizaines de membres. Pour le politologue Jean-Yves Camus interrogé par Libération, «la plupart sont assez jeunes et représentent la "rue juive", essentiellement les habitants des quartiers de l’Est parisien et des départements de banlieue, où leur situation peut être objectivement difficile».

«Nous protégeons la communauté juive»

«Nous n’avons pas d’armes et nous ne nous substitutions en aucun cas à la police. Il y un respect de l’ordre républicain», précise un membre de la LDJ contacté par 20 Minutes. Ils se définissent comme une organisation pro-israélienne «avec des prises de positions politiques comme la non-reconnaissance du peuple palestinien», poursuit cette même source.

«Nous protégeons la communauté juive car il est inadmissible qu’en 2014 un juif se fasse agresser ou même cracher dessus dans la rue. Mais nous condamnons tous les actes racistes», précise-t-il. Pourtant, à France TV Info, quatre membres du mouvement ont déclaré être «armés et déterminés. S’il doit y avoir des morts, il y en aura». Car la violence et la provocation sont effectivement au cœur de ce groupe.

La LDJ est notamment connue pour l’agression de deux éboueurs africains en 2007, la prise à partie de Stéphane Hessel, en mars 2011 au salon du Livre ou encore des perturbations à certaines manifestations ou événements palestiniens. Le quotidien Times Of Israel attribuait l’année dernière 115 incidents à la LDJ en France depuis sa création.

«Nous ne savons même pas qui sont leurs représentants»

Et si la LDJ assure être proche du service de protection de la communauté juive» (celle-ci possède son propre service de sécurité officiel, en liaison avec le ministère de l’Intérieur et les préfectures, ndlr), le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) rappelle que «ce groupuscule qui n’a rien à voir» avec lui. «A aucun moment, nous ne faisons pas appel à eux pour faire partie du service de protection. Nous ne savons même pas qui sont leurs représentants ni combien ils sont», poursuit l’association. La question de son existence juridique se pose également.

«Elle s’est auto-dissoute et n’a donc plus de statut légal. En fait, la LDJ est un groupement de fait», affirme l’entourage de l’Intérieur. Un paramètre qui peut compliquer une dissolution comme le réclame le MRAP, l’Union juive française pour la paix ou encore le député communiste, Jean-Jacques Candelier qui a adressé une lettre au chef de l’Etat. Mais «la question est en tout cas discutée», prévient l’Intérieur.

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