François Fillon affiche un visage réformiste et libéral pour partir à l’attaque de 2017

POLITIQUE L'ex-Premier ministre a exprimé mercredi ses idées, qui ont des allures de programme...

E.O.

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François Fillon, le 12 juin 2014 à Paris.

François Fillon, le 12 juin 2014 à Paris. — CAU ANTOINE/SIPA

François Fillon est là, et bien là. Le co-président par intérim de l’UMP, pas (encore?) candidat à la tête de l’UMP mais bien décidé à participer à la primaire de 2017, occupe le terrain. Mercredi, il présentera ses «propositions pour que la France puisse renouer avec la compétitivité». A la traîne dans les sondages derrière un Juppé qui pourrait bien être son concurrent pour la désignation du candidat de la droite pour la présidentielle, l’ex-Premier ministre affiche déjà ses convictions. Qui ont des airs de programme.

Dans le Daily Telegraph de jeudi, qui le voit déjà «futur président», François Fillon donne la couleur: la France, selon lui, doit prendre un tournant libéral. «Nous avons longtemps privilégié la justice sociale à la liberté. Mais c’est fini», explique-t-il. «Je sens une vraie révolte, un désir de davantage de liberté, de moins d’intervention de l’Etat dans les vies des citoyens, tant sur le plan privé qu’économique».

Pas de «révolution thatchérienne»

L’ancien Premier ministre regrette le fait que «la France n’ait pas eu de révolution thatchérienne, ou de réformes réalistes, comme celles qu’a fait Schroeder en Allemagne». Il détaille «dix réformes majeures» qu’il voudrait voir prises dans les premiers mois, en cas d’accession à l’Elysée, comme une «simplification drastique» du code du travail, la baisse de la taxation des entreprises en vue d’une harmonisation européenne, mais aussi la fin des 35 heures. «Honnêtement, c’est aux entreprises de négocier la durée du temps de travail avec leurs employés, laissons les faire», juge-t-il.

François Fillon place ainsi ses pions pour 2017 en se forgeant une stature de réformiste. Et critique en creux un Nicolas Sarkozy qui aurait été coupable d’immobilisme. «Lorsqu’en 2007, je préparais avec Nicolas Sarkozy son programme électoral, nous nous sommes interrogés sur la suppression pure et simple des 35 heures. J’y étais favorable mais la prudence électorale a prévalu», a-t-il lâché mercredi à la Thatcher conference à Londres, selon Le Figaro. Ajoutant: «en France, nous avons donné du temps au temps, nous avons agi à la marge pour ne fâcher personne».

François Fillon cultive la «rupture» depuis des mois, et cherche à gommer pour de bon son image lisse. «Je vais casser un peu de vaisselle», prévenait-il en octobre. Mais s’il a déploré jeudi que les «universités françaises soient des foyers de marxisme», il a laissé de côté les positions trop controversées comme la remise en cause du front républicain.

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