Nicolas Sarkozy, le 27 mai 2014 à Madrid, en Espagne (AP Photo/Paul White)
Nicolas Sarkozy, le 27 mai 2014 à Madrid, en Espagne (AP Photo/Paul White) - Paul White/AP/SIPA

Cet article a tout d’abord publié le 17 juin 2014, avant d’être réactualisé.

L’affaire Bygmalion empoisonne Nicolas Sarkozy ce mardi. Il est entendu par les juges d’instruction dans l’enquête sur les fausses factures de cette entreprise et les comptes de sa campagne présidentielle de 2012. L’ancien chef de l’Etat pourrait risquer une mise en examen. Cette affaire fait partie des différents dossiers judiciaires où le nom de l’ancien président apparaît.

L’affaire Bygmalion

Cette enquête porte sur les fausses factures émises par la société Bygmalion pour masquer un dépassement du plafond légal des dépenses de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2012. Ces fausses factures auraient eu pour objet d’imputer à l’UMP (devenue Les Républicains) environ 18,5 millions d’euros de dépenses qui auraient dû rentrer dans les comptes de campagne. Plusieurs cadres de Bygmalion, et Jérôme Lavrilleux à l’UMP, ont reconnu l’existence de ces fausses factures. Nicolas Sarkozy dément toute implication dans ce système frauduleux. Plusieurs expertises sont encore attendues dans cette affaire, reportant de plusieurs mois un éventuel renvoi en procès.

>> A lire aussi : Financement de la campagne 2012 de Sarkozy : Quelles sont les nouvelles factures suspectes ?

Les écoutes

Depuis le 2 juillet 2014, Nicolas Sarkozy est mis en examen pour corruption et trafic d’influence dans cette affaire. Il est soupçonné d’avoir tenté, avec son avocat Thierry Herzog, d’obtenir des informations en marge d’une procédure le concernant, l’affaire Bettencourt (dans laquelle il a été mis hors de cause). Les juges ont terminé leurs investigations, mais la Cour de cassation doit encore valider, le 22 mars, les écoutes entre Nicolas Sarkozy et son avocat. La Cour pourrait renvoyer l’examen de cette procédure devant une autre juridiction. Mais si la procédure est validée, le parquet financier pourra prendre ses réquisitions, avant que les juges d’instruction renvoient ou non l’affaire en procès dans les prochains mois.

Les accusations de financement libyen en 2007

C’est ce dossier qui a valu à Nicolas Sarkozy d’être placé sur écoute à partir de fin 2013, sur ces accusations formulées par l’intermédiaire Ziad Takieddine et d’ex-dignitaires libyens. Dès avril 2013, les juges du pôle financier enquêtent sur des accusations de financement de sa campagne présidentielle de 2007 par le régime de Kadhafi, potentiellement à hauteur de 50 millions d’euros. Dans cette enquête, l’ex-secrétaire général de l’Élysée Claude Guéant a été mis en examen pour faux, usage de faux et blanchiment de fraude fiscale en bande organisée, après avoir reçu 500.000 euros. L’ex-secrétaire général de l’Elysée a expliqué avoir vendu deux tableaux flamands pour cette somme.

L’arbitrage Tapie 

Trois juges du pôle financier enquêtent sur cet arbitrage qui a accordé 403 millions d’euros à Bernard Tapie en juillet 2008 pour régler son vieux litige avec le Crédit Lyonnais sur la vente d’Adidas. Les magistrats soupçonnent une entente illicite, un « simulacre d’arbitrage » pour favoriser l’homme d’affaires, avec l’aval de l’exécutif de l’époque. Nicolas Sarkozy n’est pas mis en cause. Six personnes sont mises en examen dans cette affaire, dont Bernard Tapie, notamment pour escroquerie en bande organisée.

Les sondages de l’Elysée 

Depuis début 2013, les juges enquêtent sur la régularité des contrats conclus entre 2007 et 2012, sans appel d’offres, entre l’Élysée et neuf instituts de sondage. L’une des entreprises est la société Publifact, de l’ancien conseiller élyséen Patrick Buisson. Ce dernier est soupçonné d’avoir profité de sa position pour réaliser d’importants bénéfices sur des sondages qu’il commandait et revendait à l’Elysée. Il a été mis en examen, tout comme l’ex-directrice de cabinet Emmanuelle Mignon. Dans ce dossier, Nicolas Sarkozy pourrait être couvert par son immunité présidentielle.

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