Le dérapage de Jean-Marie Le Pen fustigé, y compris par sa fille

POLITIQUE Artistes, femmes et hommes politiques, associations ont réagi oute la journée dimanche à la nouvelle srtie de Jean-Marie Le Pen...

20minutes avec AFP

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Le président d'honneur du Front national Jean-Marie Le Pen

Le président d'honneur du Front national Jean-Marie Le Pen — Bertrand Guay AFP

Indignation, dégoût, gêne… Les réactions ont fusé dimanche après la nouvelle sortie de Jean-Marie Le Pen, y compris dans son propre parti.

Dans une vidéo diffusée sur le site internet du FN, mais qui n’était plus accessible dimanche, Jean-Marie Le Pen s’en prend à plusieurs artistes qui ont pris position contre le FN: Guy Bedos, Madonna et Yannick Noah, le cas de personnalités qui veulent fuir la France en cas de victoire du FN puis son interlocutrice évoque le chanteur Patrick Bruel, qui est juif. «On fera une fournée la prochaine fois», glisse notamment Jean-Marie Le Pen.

La présidente du FN, Marine Le Pen, a condamné dimanche sur lefigaro.fr la « faute politique » de son père. «Je suis convaincue que le sens donné à ses propos relève d'une interprétation malveillante», explique-t-elle. «Il n'en demeure pas moins que, avec la très longue expérience qu'est celle de Jean-Marie Le Pen, ne pas avoir anticipé l'interprétation qui serait faite de cette formulation est une faute politique dont le Front national subit les conséquences», déplore-t-elle.

Philippot minimise

Le député Rassemblement bleu marine du Gard, Gilbert Collard, a suggéré dimanche à Jean-Marie Le Pen, auteur d’une nouvelle sortie controversée, de prendre sa retraite. «Sur la forme, c’est inacceptable et intolérable, ça fait du mal à ceux qui les entendent et se sentent concernés, ça fait du mal au rassemblement bleu marine et au Front national», a déploré l’avocat sur BFM TV. «Je suis fatigué de ces cabrioles avec les mots qui font vraiment des bleus à l’âme», a-t-il ajouté. «Tout ça est exploité contre nous, pas pour nous», a-t-il dit. «Il y a peut-être un moment où l’heure sonne de prendre sa retraite», a-t-il conclut.

De son côté, le vice-président du FN, Florian Philippot a déclaré «se démarquer de ces propos parce qu’ils sont d’une brutalité qui est inappropriée, qui est excessive et qui n’est pas comprise par beaucoup de Français». «De là à dire qu’il y a de l’antisémitisme, c’est véritablement un mauvais procès qui est fait à Jean-Marie Le Pen, qui n’est pas acceptable non plus. Quand on parle de Noah, de Madonna, de Patrick Bruel, de Guy Bedos etc, on est évidemment très loin de ce genre de connotation», a-t-il estimé.

Louis Aliot, vice-président du FN et compagnon de Marine Le Pen, qui a succédé à son père à la tête du parti, a dénoncé dans Le Parisien «une mauvaise phrase de plus. C’est stupide politiquement et consternant».

Bruel pas étonné

«Les délires et les provocations de cet individu ne m’atteignent plus depuis longtemps», a réagi Patrick Bruel sur Facebook, opposant au FN de longue date. «Je ne suis même pas triste pour moi», mais «triste pour la mémoire» des victimes de la Shoah, a-t-il ajouté.

«J’aimerais que Marine Le Pen pour une fois se désolidarise clairement de son père», a demandé le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) Roger Cukierman sur France Info.

Si le FN n’exclut pas Jean-Marie Le Pen pour de tels propos, il «restera toujours le parti de la nausée républicaine», a affirmé sur Twitter la ministre des Droits des femmes Najat Vallaud-Belkacem. Pour le PCF, il s’agit «bien du même visage hideux de la haine sous le masque d’une pseudo respectabilité».