Aquilino Morelle: Mais qui est vraiment l'ex-plume du Président?

PORTRAIT Il a annoncé ce vendredi sa démission de conseiller à l'Elysée...

M.B. avec AFP

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Aquilino Morelle, proche conseiller de François Hollande, à Paris le 3 mai 2012

Aquilino Morelle, proche conseiller de François Hollande, à Paris le 3 mai 2012 — Fred Dufour AFP

Il était au coeur du pouvoir. Aquilino Morelle, 51 ans, qui a démissionné vendredi de l’Elysée après avoir été accusé jeudi par Mediapart d’avoir «travaillé en cachette pour des laboratoires pharmaceutiques» quand il était inspecteur général des affaires sociales, était proche conseiller et plume du président de la République.

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Il est l’auteur du fameux discours du Bourget qui avait relancé la campagne présidentielle de François Hollande en 2012 après avoir été l’ancien directeur de campagne d’Arnaud Montebourg lors de la primaire socialiste de 2011. Entre 1997 et 2002, il était la plume de Lionel Jospin alors même que Manuel Valls s'occupait de la communication de l’ancien Premier ministre socialiste.

Un désir de «revanche sociale»

Né le 5 juin 1962 à Paris dans une famille d’immigrés espagnols asturiens, Aquilino Morelle a cinq sœurs aînées et un frère cadet. Son père était ouvrier chez Citroën à Nanterre (Hauts-de-Seine) , sa mère femme au foyer. Celui qui reconnaît en 1999 dans un portrait publié en 1999 par Libération un désir de «revanche sociale», met toute son énergie dans les études.

Il devient interne des hôpitaux de Paris (de 1985 à 1988), docteur en médecine, élève de l’ENA (promotion Condorcet, 1990-1992), licencié en philosophie à la Sorbonne. Au grand oral de l’ENA, Pierre Moscovici, futur ministre socialiste, le remarque et lui présente Lionel Jospin. Aquilino Morelle a reçu en 1998 la distinction de «Young Leader», décernée par la French-American Foundation France.

«J’ai une conscience de classe»

Pas de quoi lui faire perdre la tête, affirme-t-il à Libération: «Je vis comme un bourgeois, mais je ne ferai jamais partie de la bourgeoisie. Mes enfants, peut-être, mais moi, jamais. Il me reste l’essentiel, l’éducation, les souvenirs. J’ai une conscience de classe.»

Aquilino Morelle a aussi été professeur associé à l’université Paris I-Sorbonne, directeur associé d’Euro RSCG, chargé de mission auprès du directeur général de Génopole, directeur général adjoint de MediTech Santé Paris Région.

En 2001, il a été candidat PS dans la ville de Nontron en Dordogne, où il a été battu par le maire sortant. Puis en 2007, il a été candidat PS aux législatives dans la Seine-Maritime (Lillebonne) mais a retiré sa candidature pour le second tour. Il a voté «non» au traité européen en 2005.

Un rapport sur le Mediator

Membre du conseil national du PS, il a notamment écrit: La Défaite de la santé publique (Flammarion, 1996), De quoi sommes-nous responsables? (en collaboration, Le Monde Editions, 1997), Enquête sur le Mediator (en collaboration avec Anne-Carole Bensadon et Etienne Marie, rapport de l’Igas, janvier 2011) et Rapport sur la pharmacovigilance et gouvernance de la chaîne du médicament (en collaboration avec Anne-Carole Bensadon et Etienne Marie, rapport de l’Igas, juin 2011). Ces deux derniers rapports l’ont alors fait passer de l’ombre à la lumière auprès du grand public.

» Procès du Médiator: Aquilino Morelle enfonce Servier

Aquilino Morelle est le compagnon de Laurence Engel, directrice du cabinet de la ministre de la Culture et de la Communication Aurélie Filippetti. Il est père de cinq enfants, nés de deux unions.

C’est notamment pour protéger sa famille, qu’il a décidé de quitter l’Elysée. Mais aussi pour «être entièrement libre de répondre (aux) attaques». «Je veux redire que je n’ai commis aucune faute. Je n’ai jamais été en situation de conflit d’intérêts», affirme Aquilino Morel.