Aquilino Morelle le 29 mars 2014, à l'Elysée.
Aquilino Morelle le 29 mars 2014, à l'Elysée. - BISSON Bernard/Eric DESSO/SIPA

La décision n'a pas tardé. Aquilino Morelle, conseiller politique de François Hollande, a annoncé ce vendredi dans un communiqué à l'AFP sa démission, 24 heures après la parution d'un article de Mediapart l'accusant de conflit d'intérêts.

«Depuis 48 heures, je dois faire face à des insinuations et des allégations qui visent à mettre en cause mon honneur», affirme Aquilino Morelle dans ce communiqué. «Je veux redire que je n'ai commis aucune faute. Je n'ai jamais été en situation de conflit d'intérêts», assure-t-il. «Néanmoins, j'ai décidé de mettre fin à mes fonctions de conseiller à la Présidence de la République, poursuit-il pour pouvoir être «entièrement libre de répondre à ces attaques».

«Ne pas gêner l'action du président de la République»

Aquilino Morelle indique également avoir pris sa décision «pour ne pas gêner l'action du président de la République, du gouvernement et de la majorité, dans un moment particulièrement difficile de la vie du pays».

«Je le fais, enfin, pour protéger ma famille», conclut-il.

Dans la foulée, la Haute autorité pour la transparence de la vie publique a annoncé entamer «une étude plus approfondie de ses déclarations d'intérêts et de patrimoine».

Depuis Clermont-Ferrand, où il visitait un site Michelin, François Hollande a déclaré que son collaborateur avait pris «la seule décision qui convenait». «Ce qu'il a fait avant» d'être nommé à l'Elysée en 2012, «il a à en répondre, ça revient à lui et à lui seul, c'est ce qu'il a compris en présentant sa démission, que j'ai acceptée immédiatement», a dit le chef de l'Etat.

Une mission à 12.500 euros?

Le conseiller a été reçu ce vendredi matin à Matignon, où Manuel Valls lui a «conseillé» de démissionner, selon l'entourage du Premier ministre.

Selon Mediapart, Aquilino Morelle a touché en 2007 12.500 euros d'un laboratoire danois, Lundbeck, alors qu'il était à l'Igas (Inspection générale des Affaires sociales). Vendredi, l'organisme a assuré ne pas avoir délivré d'autorisation à Aquilino Morelle pour travailler dans l'industrie pharmaceutique.

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