Affaire Hollande-Gayet: «Ce n’est pas sur ce type de faits que les Français vont juger le président»

POLITIQUE – Selon un sondage Ifop pour le JDD, la liaison supposée entre François Hollande et Julie Gayet n’a pas d’impact sur l’image du chef de l’Etat…

William Molinié

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Les révélations de la relation supposée entre François Hollande et Julie Gayet tombe au plus mal pour le chef de l'Etat.

Les révélations de la relation supposée entre François Hollande et Julie Gayet tombe au plus mal pour le chef de l'Etat. — VALERY HACHE THOMAS SAMSON / AFP

Les Français ne sont pas les Américains. Dans une enquête de l’institut de sondage Ifop, réalisée pour le JDD, on apprend ce dimanche que l’affaire Hollande-Gayet n’a eu que peu d’impact sur l’image du président. Pour 84% des personnes interrogées, l'opinion qu'elles ont du président n'a pas changé après les «allégations» du magazine people Closer. Elle a changé en mal pour 13% et en bien pour 3% des sondés. Frédéric Dabi, directeur général de l’Ifop, revient pour 20 Minutes sur ces révélations…

L’affaire Hollande-Gayet n’a pas d’impact sur l’image du président. Est-ce une nouveauté?

Les Français ont toujours fait la distinction entre la sphère privée et la sphère publique. Déjà en 2007, la séparation de Nicolas Sarkozy avec Cécilia n’avait pas changé le cours de l’histoire. Pour 89% des Français, cela revêtait le caractère d’une affaire privée. Pour l’affaire Hollande-Gayet, qui n’est pas une révélation officielle, le score est plus serré. Mais 77% des Français considèrent tout de même que c’est une affaire privée, et ce chez toutes les catégories de population. Ce résultat reflète aussi le rejet de la presse people.

Comment expliquer que les Français soient désintéressés de cette affaire?

Attention, ils y ont tout de même porté un œil curieux. Mais ce n’est pas là-dessus qu’ils jugent l’exécutif. Contrairement au puritanisme américain, on a installé une forte séparation entre vie publique et vie privée. Aux Etats-Unis, la liberté d’expression est totale. D’ailleurs, les révélations sur la vie privée d’un candidat peuvent le faire disparaître à jamais du paysage politique. Pas en France. La raison ? Sans doute une forme d’auto-censure des journalistes, mais aussi une question de loi qui sépare vie privée et vie publique. Plus globalement, c’est l’Europe toute entière qui fonctionne ainsi. Avez-vous déjà entendu parlé de Monsieur Merkel?

Si pour les Français cette relation présumée n’a pas d’impact, elle est donc un non-problème pour l’Elysée…

Oui et non. C’est un non-problème car Hollande en a déjà beaucoup, et de plus importants. En 21 mois, il est le président le plus impopulaire de la Ve République. Ce n’est pas sur ce type de faits que les Français vont le juger. On nous a dit que Nicolas Sarkozy était impopulaire à cause du côté bling-bling de sa vie privée. C’est faux car il est resté plus longtemps populaire que Hollande. En revanche, l’affaire Gayet devient un problème car elle tombe au plus mal. A ses vœux, le président avait marqué une inflexion et fait preuve d’autorité. Cela vient perturber sa tentative de reprise en main. A la conférence de presse de mardi, il y a un risque de brouillage et de parasitage du message présidentiel.

Justement, selon vous, comment doit-il aborder le sujet? Et doit-il le faire?

Effectivement, il doit rester libre d’en parler. Il y a deux stratégies. La première, faire  comme Sarkozy en 2008 avec Carla qui avait dit, clouant le bec à tous, “Avec Carla, c’est du sérieux”. Il peut trouver dans son propos introductif deux phrases pour clore le sujet. Sinon, il attendra la question d’un journaliste pour clarifier la situation. Quelle que soit sa réponse, je ne doute pas qu’il répondra sèchement et de façon lapidaire pour passer rapidement à autre chose.