Les candidats à la Mairie de Paris alimentent tous leur Web-campagne au jour le jour, soutenus par des équipes hyper-réactives et des volontaires prêts à inonder les réseaux pour soutenir leur champion. Une campagne numérique analysée pour 20 Minutes par Louis-Serge Real del Sarte, consultant en réseaux sociaux et e-réputation, fondateur d’YLFLY.

Comment analysez-vous l’utilisation des réseaux sociaux dans la campagne municipale parisienne?

Aujourd’hui, l’investissement en moyens humains et digitaux pour cette campagne est colossal. Les candidats utilisent massivement les réseaux sociaux (Facebook, Twitter) car ceux-ci permettent de bénéficier d’un contact direct avec des milliers d’internautes et de stimuler de l’engagement.

Que remarque-t-on en regardant les comptes des candidates Anne Hidalgo et Nathalie Kosciusko-Morizet?

Sur Google, Anne Hidalgo bénéficie d’un bon référencement et d’un historique très fourni. Sur son site de campagne, je dirais qu’elle a centré la campagne sur elle, avec des thématiques pointues, des dossiers documentés. Sur le site de Nathalie Kosciuko-Morizet, la déclinaison par quartiers est plus visible et apparaît plus centrée sur les électeurs. Quant aux photos des candidates, on observe des similitudes, notamment concernant les images des candidates aux côtés de Parisiens.

Et sur les réseaux sociaux?

Sur Twitter, Anne Hidalgo a acheté des dizaines de milliers de followers, et cela se voit tout de suite avec des instruments qui repèrent ces faux comptes [ce qui a été démenti par la candidate, à lire ici]. On arrive à 47% de comptes réels qui suivent la page centralisée Anne Hidalgo, contre 67% pour Nathalie Kosciuko-Morizet. Quant à Facebook, les deux candidates sont plus ou moins suivies par le même nombre de personnes, mais les publications sont plus partagées sur la page de NKM. Cependant cette campagne est loin d’être terminée, et cette campagne sur le Web ne peut prédire ce qui se passera sur le terrain d’ici mars 2014.

Quelles campagnes électorales digitales ont inspiré celle de Paris 2014?

La campagne présidentielle du président américain Barack Obama a clairement désigné le cap en 2012. Mais, en France, c’est Ségolène Royal, qui, pour la présidentielle de 2007, a lancé une marque à succès avec «Désir d’avenir». 

Comment envisagez-vous la Web-campagne parisienne sur les réseaux sociaux d’ici mars 2013?

Elle deviendra de plus en plus dure, avec des commentaires déplacés, racistes, sexistes, qui ne sont pas assez modérés sur les réseaux sociaux. Si l’on peut attendre que les comptes certifiés des candidates resteront «propres», les messages envoyés par des militants et sympathisants peuvent être, eux, insultants. Je pense que cette Web-campagne sera de plus en plus féroce.

Mots-clés :

Aucun mot-clé.