Thierry Merret, président de la FDSEA du Finistère, au premier rang, discute avec les forces de l'ordre, le 26 octobre 2013. 
Thierry Merret, président de la FDSEA du Finistère, au premier rang, discute avec les forces de l'ordre, le 26 octobre 2013.  - FRED TANNEAU / AFP

Propos recueillis par Matthieu Goar

Thierry Merret est président de la Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles du Finistère. Samedi, un bonnet rouge sur la tête, il s’est adressé aux forces de l’ordre avant que la manifestation ne dégénère. Il explique à 20 Minutes jusqu’où peut aller le mouvement. 

Comment avez-vous vécu la journée de samedi?

En trente ans de syndicalisme, je n’ai jamais vu ça. Selon les dernières informations qui nous ont été communiquées, près de 80 personnes ont été blessées lors des affrontements. Je ne comprends pas la réaction des forces de l’ordre et donc du gouvernement. Nous voulions aller pacifiquement jusqu’au portique, ils ont décidé de mettre un point d’honneur à nous en empêcher. Jusqu’où veulent-ils que cela aille? Nous, nous ne voulons pas d’un bain de sang mais le combat continue. Dès samedi 2 novembre, nous serons à nouveau dans les rues de Quimper. Nous serons le lendemain de la fête des morts et je veux que ce défilé se passe dans la dignité.

Jusqu’où êtes-vous prêt à aller?

Il faut que le gouvernement retire son écotaxe. Et ce ne sont pas seulement les agriculteurs qui disent cela mais de nombreux Bretons. Toute une région est en train de se mobiliser pour sauver ses emplois et ne pas se laisser imposer des choses par paris. Il y a des entrepreneurs, des marins, des pêcheurs… Il s’agit du combat de tout un territoire et Jean-Marc Ayrault et François Hollande doivent le comprendre. Nous sommes bretons, français et européens mais sûrement pas jacobins.

Comment vous est venue l’idée des bonnets rouges?

Peu importe qui a eu l’idée. Nous en avons réfléchi en semble au sein du Collectif pour l'emploi en Bretagne et avons décidé d’acheter ces bonnets. Le symbole est important. Il s’agit d’une référence aux couvre-chefs des paysans du XVIIe siècle. A l’époque, en 1675, Colbert avait décidé d’augmenter les taxes, notamment sur le papier timbré. Les paysans s’étaient révoltés. Mais Paris avait fini par briser l’économie de la Bretagne et refaire de cette région une terre de landes et d’ajoncs qu’elle est restée jusque dans les années 1950 et le développement de l’agroalimentaire. C’est ce modèle que nous devons préserver.