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On savait que le chef de l’Etat avait une fâcheuse tendance à attirer la pluie lors de ses déplacements. Avec l’affaire Leonarda, c’est un véritable déluge qui s’est abattu sur lui. Et les assauts sont venus de sa propre famille politique. Le président a-t-il commis une (nouvelle) bévue de communication? A-t-il opté pour la bonne attitude? Devrait-il faire preuve de davantage d’autorité? Nous avons posé ces questions à des internautes de 20 Minutes qui ont voté pour lui en 2012 et qui se revendiquent «de gauche».

François Hollande aurait dû «laisser passer l’orage»

Pour la plupart, le Président s’est fait avoir. Hervé aurait aimé entendre à ce moment la ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine, par exemple, en plus de Manuel Valls. Il s’étonne que le Premier ministre ait pris part au débat; «c’était déjà trop», nous dit-il. La goutte d’eau qui a fait déborder le vase, pour d’autres, c’est l’intervention du Président. Le cas de cette jeune Kosovare expulsée de France «ne devait pas être le problème» du chef de l’Etat, selon Jean.

François Hollande a en effet choisi de prendre la parole lors d’une allocution télévisée, demandant à Leonarda de revenir en France, mais sans ses parents. Il a «sauté à pieds joints» dans un «traquenard médiatique», écrit un internaute dans les commentaires, au lieu de «laisser passer l’orage», soumet Jean. «Le Président devait-il intervenir? interroge Bastien, militant PS de 22 ans. Peut-être, l'affaire prenant une ampleur démesurée. Mais certainement pas comme cela.» Le jeune militant voit dans ce choix «plus qu’une maladresse de communication. En faire une affaire d’Etat, c’est donner du crédit à ces détracteurs, c’est une erreur de jugement.»

Les critiques d’Harlem Désir, «c’est incompréhensible et bête dans la tactique»

Pour Hervé, «Hollande a essayé de faire dans la compassion, mais tend vers la naïveté». Il s’explique: «Hollande est un manager par la persuasion. Il essaie de convaincre, plutôt que d’imposer. Mais ménager la chèvre et le chou en fixant un cap, c’est compliqué.» En menant une politique de «centre gauche», comme l’écrit Hervé, encaisser des critiques de la droite et de l’extrême gauche, «c’est normal». Là où les gifles deviennent «inquiétantes», c’est quand elles viennent de son camp.

«La droite reproche à Hollande d’être mou, rappelle Jean-Luc, Malek Boutih lui reproche de décider, c’est comique.» Hervé accable, lui, Harlem Désir. «On n’est pas idiot au point de désavouer son Président, s’agace cet internaute, c’est incompréhensible et bête dans la tactique.» Lorsque Jean-Vincent Placé pousse les lycéens à retourner dans la rue, Jean-Luc bondit. «C’est particulièrement absurde d’appeler à manifester contre un gouvernement auquel son parti appartient.» Pour Bastien, les Verts «prennent beaucoup trop de liberté. La sortie de Cécile Duflot contre Manuel Valls aurait mérité une exclusion du gouvernement, affirme-t-il fermement. Le Premier ministre a fait passer une circulaire, mais il faudrait peut-être de vraies sanctions publiques.» 

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